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- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 9.2 Greg
Ils n’avaient pas encore fini de souper. Cependant, il se leva, la rejoignit, se pencha vers elle et l’embrassa. Leurs lèvres avaient un petit goût de vin et de citronnelle… Sagement, il retourna à sa place, s’assit sans rien dire et… — On ne va pas prendre de dessert, tu veux ? Il l’observa, intrigué. Elle continua. — Non, pas de dessert, ni de café. Juste le pousse. À mon avis, ce sera un amaretto… Et puis, on ira ailleurs. — Peu importe où ? — Du moment qu’on peut se regarder et se frotter l’un à l’autre… Qu’est-ce que tu en penses ? — OK, ça roule… Et c’est de cette manière que les choses commencèrent vraiment… Elle Comme il me plait… Oui, les choses ont démarré de manière très gentille, très respectueuse. Je n’avais aucune idée de la raison de ce calme : avait-il peur de moi ? Se souvenait-il du fait que j’avais clairement dit ne pas vouloir me précipiter ? était-il lui-même prudent ? Notre souper a été écourté : pas de dessert, ni de café ou de thé. Il a demandé l’addition, est allé la régler avec le bancontact, m’a remis ma veste sur le dos en laissant traîner la main tendrement dans le creux juste au-dessus des fesses. Je n’allais plus pouvoir tenir bien longtemps, j’en étais certaine. Il fallait que ça se passe vite. Nous étions à peine sortis de l’endroit que nous nous sommes embrassé passionnément. C’était étrange… Il y avait des lustres que je ne m’étais pas sentie aussi morte de faim. Il était presque vingt-deux heures et j’avais dit à mon mari que je rentrerais sans doute vers vingt-trois. Je lui téléphonai pour lui demander la permission de minuit. « Tu vois, on n’est pas à Namur et le temps de terminer de souper et puis de revenir… ». « On te reconduit, j’espère ? » articula-t-il d’une voix ensommeillée. « Oui oui, le frère de ma copine fera un crochet par la maison », inventai-je… Ça, c’était pour le cas où il aurait l’idée de sortir de notre chez-nous à mon arrivée… — Voilà… dis-je, très contente de la manière dont j’avais pu m’arranger pour avoir une bonne heure de rabe. — On a combien de temps, alors ? cligna mon complice. — Attends, je calcule… Un petit quart d’heure jusque chez moi, au retour. T’as un plan pour… ? J’avais laissé la phrase en suspens. Je ne savais pas ce qu’il avait en tête réellement. Je me disais que son histoire de préliminaires était bien tentante, mais était-ce vraiment ce qu’il souhaitait ? — Bien sûr que j’ai un plan. C’est d’ailleurs à moins d’un quart d’heure d’ici. — Alors, je reprends mes calculs. On va compter une petite demi-heure pour les trajets… Il m’interrompit — Oui, je pense que c’est bon… — Et puis, le temps de prendre une douche ou de se rafraîchir, on va dire une demi-heure de plus. — Il nous reste une heure… Wahouuuuu… On rit. On était heureux. Tout semblait si simple… Se sentir en connexion de cette manière, c’était parfait. Et puis, je passe les détails, mais… la suite était parfaite aussi. Cet homme est vraiment galant. Quoique je pense que la galanterie n’a rien à voir dans l’histoire. Il m’a déshabillée sans prendre beaucoup de précautions. J’ai juste défait la tirette de ma jupe et les agrafes de mon soutien-gorge. Il s’est chargé du reste avec détermination. Ses doigts couraient contre mes flancs. Ah oui, j’oubliais. J’ai aussi retiré mes collants. Pendant que je les faisais descendre, il passait les paumes de ses mains sur l’intérieur de mes cuisses. Il écartait à peine mes jambes. C’était très agréable. Je me suis retrouvée nue plus vite qu’il ne le faut pour le dire. Il s’est couché à côté de moi, toujours habillé. Moi, j’avais bien envie qu’il soit nu aussi. J’avais envie le regarder, encore le regarder. J’aime ça, repérer les signes d’excitation d’un homme. Mais s’il voulait garder ce sous-vêtement qui couvrait son bas-ventre… j’étais d’accord, bien sûr. D’ailleurs, c’est ce je lui ai dit. Il a souri. Les boutons de sa chemise étaient défaits, dessous, il portait un T-shirt écru. Son jeans semblait serré à l’entrejambe. — Tu peux te mettre plus à l’aise… Oui ? lui demandai-je. Son visage s’est éclairé et il me répondit qu’il le faisait immédiatement, que j’aurais enfin l’occasion de voir combien il bandait… — Oui, t’es chaud, je le sais… Je peux m’occuper de toi ? — On va le faire chacun à notre tour, si t’es d’accord… Bien sûr que je l’étais. Et on a alterné. Mes doigts le masturbant, les siens me pénétrant. Ma bouche le gobant, la sienne me mordillant un sein et puis l’autre. Lui glissant en moi et moi me serrant autour de son sexe. Lui me léchant à nouveau et moi pareil… On a joui et joui encore et je me sentais enfin repue. Il a bien fallu qu’on aille prendre une douche après tous ces ébats. On laissa couler l’eau sur nos corps toujours ardents et quelques minutes plus tard, après plusieurs étreintes, on se sécha l’un l’autre, histoire d’encore pouvoir éprouver cette chaleur qui nous brûlait autant dedans que dehors. Je jetai un coup d’œil à ma montre : il était presque vingt-trois heures trente. Il était réellement temps de nous remettre en route… Le trajet jusque chez moi me parut très court. J’avais envie de l’embrasser à chaque tournant… Et lui, il avait toujours les yeux brillants. — Alors, ce souper ? me demanda mon mari quand je me retrouvai dans le salon… — Et bien, c’était chouette, vraiment chouette… D’ailleurs, on a convenu de se refaire une petite sortie dans peu de temps. Ma copine me dira quand elle est dispo. C’est OK ? Un sourire coquin qu’il ne remarqua pas parce qu’il n’était pas bien réveillé flottait sur mon visage. Je me sentais bien. S’il n’avait pas été aussi endormi, j’aurais bien remis le couvert…
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - prologue
Elle Si on m’avait dit que c’était là que je le retrouverais… D’abord, je vous fais un pitch de ma vie. J’ai une bonne cinquantaine d’années. Je suis mariée et maman de trois jeunes adultes. Deux fils et mon Élisabeth… Je suis grand-mère, aussi, de trois petites-filles mignonnes comme des cœurs, intelligentes, craquantes. Enfin, parfaites ! Je bosse dans une école. Mes passions sont l’écriture et la musique. Un peu en désespoir, un jour, je me suis inscrite sur un site de rencontres. La lassitude, sans doute, au sein du couple. Un peu de piment ne me ferait pas de tort. Et puis, et surtout, j’avais envie de… tomber amoureuse. Vous allez peut-être trouver cela étrange. Il faut vous dire que depuis des années, presque treize, je suis éprise. Mais pourquoi, me demanderez-vous, chercher l’amour sur un tel site, alors ? Parce que depuis tout ce temps, il n’en a rien à foutre de moi. Il me nie la gueule, ou est carrément désagréable et hautain. Bref, je suis en manque. En manque de passion, de corps jeunes et frais (j’ai oublié de vous dire qu’il est bien plus jeune que moi), d’ardeur au lit. En somme, je voulais du neuf… Donc, j’ai réfléchi très « raisonnablement » à ce que j’allais écrire comme description. Il y en a qui parviennent à se vendre. D’autres, ça, c’est mon cas, qui hésitent longtemps, ne savent pas trop comment s’y prendre, tergiversent. Si à ce moment-là, vous étiez venus voir mon profil, messieurs, vous auriez pu lire que j’aimais les mots et la musique. Un peu maigre, vous avez raison. Mais bon, visiblement, cela attirait tout de même. Pas de photo publique. Je trouvais dommage d’être réduite à une « image » : j’avais l’idée très arrêtée que celui qui me conviendrait devrait d’abord me séduire avec ses discours. J’avais quand même posté une photo de moi sur laquelle je souriais. Seuls ceux qui m’intéressaient pourraient la voir… J’étais sur le site depuis un peu plus de six mois et… « il » vint regarder mon profil… Lui, avec un grand L. Les caractéristiques qu’il donnait de lui ressemblaient à ce que mon amoureux aurait pu indiquer comme renseignements. Son portrait, parce que lui, il avait osé montrer sa tête, aurait pu passer pour une photo de ce monsieur qui squattait ma tête, mon corps et mon cœur. Jusqu’à ce qu’il racontait sur son profil : qu’il ne savait pas ce qu’il cherchait, qu’il aimait les découvertes. En somme, un clone de celui que je connaissais et adulais depuis toutes ces années. Je lui avais envoyé un message très sage dans lequel je lui disais que lorsqu’il reviendrait sur le site, cela m’aurait fait plaisir d’échanger avec lui en lui rappelant tout de même que s’il n’était pas venu regarder ma description, je ne l’aurais pas trouvé. C’est vrai : je ne suis pas une chasseuse. Mis à part avec deux ou trois messieurs, je m’empêchais de prendre contact avec qui que ce soit. Cela avait marché une fois. Une autre, ma proie m’avait blacklistée sans avoir même pris la peine de me parler… Donc, ce soir-là, il vint me parler… Enfin non, plutôt, il me dit bonsoir et on en resta pratiquement là. Moi, j’avais une répète avec ma petite troupe de théâtre et impossible de m’attarder… On papota un autre soir et les choses avaient l’air bien engagées. Et puis, le silence… les silences… Lui L’ennui toujours l’ennui. Et puis, un de mes potes me conseilla de m’inscrire sur le site. « Tu verras, y a des meufs à la pelle, là. Tu fais ton choix. Bien sûr, tu paies. Mais bon, pour te trouver quelqu’un… Pas obligé de communiquer non plus. Tu peux te connecter et observer. Et si quelqu’un te plait, et bien, tu t’obstines un peu sur son profil. Il y a bien un moment où elle lâchera. Et puis, t’es pas laid… Alors, pourquoi pas : fonce. » Avec cette prose, j’étais plutôt reboosté. Ma libido était remontée en flèche. J’avais des soucis au boulot et cela allait m’aider à sortir la tête hors de l’eau, me donner confiance en moi alors que j’avais toujours le sentiment de ne pas en avoir assez. Me changer les idées aussi. Dans mon couple, mais, pouvait-on encore parler de couple, c’était pas la joie. Ma copine traversait une crise existentielle. Normal : une psy… ça se torture les neurones. Impossible pour elle de ne pas avoir constamment l’esprit en alerte. Pour les autres, OK, mais pour nous, ça devenait invivable. Je tâchais de ne pas lui poser trop de questions. De toute manière, je suis d’un naturel taiseux. Mais je savais qu’elle ne se livrait pas vraiment non plus. Alors, ma description se limitait à une histoire de recherche et d’ouverture à de nouvelles expériences. C’était un peu maigre, mais au moins, cela me permettrait de laisser venir. Je ne parlais pas du fait que j’étais presque célibataire. De toute manière, j’avais pas besoin d’une véritable aventure. Simplement, tirer mon coup. Inutile de s’embarrasser d’une bonne femme qui vous raconte qu’elle cherche le grand amour, juste quelqu’un pour le cul. Bien sûr, j’allais pas m’embarquer dans une histoire sentimentale. Enfin, c’est ce que je pensais…
- La fille qui aimerait apprendre à son amant comment faire pour lui donner du plaisir avec sa… bouche…
Elle lui avait demandé si elle pouvait lui faire une proposition… La suite de leur échange aurait pu être : — Vous vous souvenez de l’exposé que vous m’aviez fait de votre verge ? Comment m’en occuper pour que vous ayez un maximum de plaisir ? Bien sûr, il devait s’en souvenir. Cela n’avait pas pris longtemps. Il lui avait montré comment tirer sur le prépuce, caresser – même si elle s’y prenait très bien en « tripotages » et le faisait jouir toujours de cette manière : une fellation et puis une masturbation rapide. Il avait parlé de ses bourses, aussi. À attraper délicatement et puis à presser. Ce qu’elle aurait aimé, c’est lui parler de sa bouche à lui. Quand il l’avait léchée, elle avait été très surprise. En cherchant bien, elle ne se rappelait pas qu’il se soit adonné à cette pratique depuis qu’ils se connaissaient. Elle voulait lui parler du plaisir qu’elle avait ressenti avec un de ses amants passés. Il l’avait pratiquement fait jouir uniquement avec sa bouche contre sa chatte. Coups de langue, suçotements, effleurements des lèvres… Ce midi-là, il avait débarqué, cet amant. Très simplement, très gentiment. Après quelques baisers plutôt appuyés, ils étaient montés dans la chambre d’amis. Elle ne se souvenait pas de comment ils s’étaient retrouvés nus, elle, la queue de l’homme en bouche, lui , la langue contre puis entre ses lèvres intimes. Elle s’était sentie soulevée par la jouissance… Longtemps, elle avait gardé le souvenir de ce plaisir entre ses jambes. Personne ne s’était jamais occupée d’elle de cette manière. Il fallait que son amant actuel prenne le relais, même s’il y avait des années entre cette rencontre et aujourd’hui. Elle voulait retrouver un orgasme aussi fabuleux. — Ne verriez-vous pas mal le fait que je vous… instruise ? Que je fasse de vous un parfait lécheur ? Il m’est arrivé de fantasmer à un homme dont j’aurais eu le visage entre les cuisses… Et si c’était vous ? Vous, la langue habile, les doigts précis… Elle ne voulait à aucun prix qu’il se sente maladroit, ou trop timoré, ou carrément incapable. Il accepta de bonne grâce. — Ne m’expliquez rien par ici, au chat. Nous aurons le temps lors de notre prochain rendez-vous. — Après mes vacances ? — Voilà. Vous tiendrez bien jusque là ? — Bien sûr… (à suivre)
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 9.1 Greg
Elle la trouvait chaude, lumineuse, mais pas racoleuse, et moins courante que le noir, le bleu marine
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 7. Nouveaux échanges
Lui Ça fait un moment que je n’ai plus parlé avec cette femme plus âgée… Je me demande si elle a fait des rencontres depuis notre dernière conversation. Sans doute : avec le bagout qu’elle a. Et puis, ça m’étonnerait qu’elle soit farouche. Elle est plutôt du genre pas coincée… Je vais un peu tâter le terrain. Elle Alors, après des semaines de silence, monsieur revient, grand seigneur, en me demandant comment je vais et si j’ai fait des rencontres… Il est gonflé, tout de même. D’abord, depuis des mois, je n’ai aucune nouvelle et ensuite, tout à coup, il se montre intéressé par ce qui se passe dans ma vie. Et lui, il me raconterait ce qui se passe dans la sienne ? Eux — Visiblement, toujours en recherche ? Pas de rendez-vous depuis qu’on s’est parlé la dernière fois ? — Si, deux, même. Mais rien de concluant… — Des mauvaises expériences ? — Non, tout de même pas. Mais aucun projet de poursuite, si on peut dire… — Ah. C’est embêtant, ça… — Oui et non : au moins, on n’a pas la tentation de tomber amoureux et de s’accrocher. — C’est vrai. Vous avez raison. Rien de plus désagréable que quelqu’un qui se cramponne, même quand on lui a dit clairement ne pas être intéressé. — Ça vous est déjà arrivé ? — Oui, une seule fois il y a longtemps… — Et ? — Le truc, c’est que ça dure toujours. — Comment ça ? — Ben oui, je ne suis pas encore parvenu à la décoller de mes basques… — Vous en avez parlé ? Tous les deux, je veux dire… — Oui… — Et ? — Ben, j’ai beau l’ignorer, elle est éternellement là. Je suis dans sa ligne de mire, comme on dit. — Elle ne comprend pas, vous pensez ? — Si, elle a compris, mais… c’est elle qui a un problème et qui n’a toujours pas décidé de me lâcher. Vous voyez, un peu comme un chien avec un os… Oui, elle voyait. Elle voyait si bien. Donc, cet homme connaissait la situation… Enfin, dans ce cas particulier, c’était lui qui se sentait harcelé. Et ça n’avait pas l’air de lui plaire, pas du tout, même. S’ils en avaient parlé, cette femme et lui, c’était le principal et visiblement, ça avait été fait. Une bonne explication, rien de tel pour débloquer une situation pénible… Sauf que l’explication, elle n’avait jamais eu lieu. Brad s’était senti mal à l’aise quand elle l’avait questionné. C’est vrai, quoi. Pourquoi cette femme l’avait-elle interrogé de cette manière ? Il se rendait bien compte que le plus honnête, ça aurait été d’aller trouver cette personne qui se mourrait d’amour pour lui d’après ses dires. Il aurait pu la laisser s’expliquer, entendre ce dont elle rêvait. Ce n’était pas parce qu’il l’écoutait que forcément, il allait être obligé de la prendre dans ses bras. Cela n’avait rien de difficile : il suffisait qu’il lui parle de ce qui était acceptable pour lui et des limites qu’il préférait lui mettre. Elle comprendrait : elle était loin d’être idiote. À la place de cela, il s’était toujours muré dans un silence complètement ridicule. Il s’en rendait compte, mais il se sentait incapable de changer cela… C’était comme obliger la terre à tourner à l’envers et celui lui semblait impossible de remédier à la situation… Leur conversation tourna un peu court. Ils avaient envie de se dire des horreurs l’un à l’autre. Elle parce qu’elle estimait qu’il avait mis du temps à venir lui parler. Lui parce que cette bonne femme n’allait pas la tarabuster avec ses questions à la noix… De toute manière, l’un comme l’autre avait un rendez-vous prévu pour la semaine qui s’annonçait. Il fallait qu’ils reprennent du poil de la bête et qu’ils arrêtent de se bouffer de cette manière en ligne… Ils clôturèrent la conversation rapidement, mais restèrent connectés tous les deux… Elle Il m’a vraiment l’air d’être quelqu’un qui ne se soucie pas énormément des autres… Oui, il m’a dit qu’ils avaient parlé, cette femme et lui. Si c’est le cas, tant mieux. Mais honnêtement, j’y crois peu. Les hommes sont souvent lâches face aux larmes et aux états d’âme de filles amoureuses. Je me demande si j’ai encore envie d’être en contact avec lui. D’un autre côté, physiquement, il me plait tellement… Je devrais le sonder pour savoir pour quel type de femme il craque. Peut-être que même si la différence d’âge lui fait peur, il y a moyen… C’est étrange, quand on échange, je suis aussi excitée que si je parlais avec celui que j’aime tant. Il faut dire qu’il y a un moment que ça n’est plus arrivé. Lui, celui que j’aime, je ne le croise plus souvent. Mais toujours, ce sont les éblouissements. Avant, je ne m’imaginais pas au lit avec lui. Je me freinais constamment. Sans doute pour ne pas m’abimer en faisant des projets trop déraisonnables. À présent, c’est le contraire. Pas que je me croie que oui, ça va se passer, mais j’ai l’impression, avec toutes mes écritures, que celui sur lequel je fonde tant d’espoirs de réussite au niveau relation, je l’ai percé à jour. Qu’à un moment, il va céder. Il va me regarder autrement. Ou se dire simplement que je patiente depuis trop longtemps et qu’il est prêt à me faire l’aumône de quelques instants chauds. Je n’ai pas d’attentes démesurées, non. Ce genre de chose, au plus on projette, au plus on s’en convainc. Non, juste, imaginer de temps à autre que je suis contre lui, qu’il me laisse faire « ce que je veux » sans demander grand-chose en contrepartie… Bien sûr, de temps en temps, je suis dans le creux de la vague, mais généralement, tant que j’écris ou que je chante, c’est gérable. Lui Satanée bonne femme… Elle m’a saoulée. C’est comme si elle me faisait la morale avec ses questions inquisitrices. Évidemment que je n’ai pas parlé à celle qui me court après. Qu’elle reste avec son désir dans le ventre et entre les jambes. Je suis pas un gigolo, moi. Et j’ai envie de sang jeune. C’est si difficile à comprendre ? Là, je lui ai dit que j’avais un RENDEZ-VOUS prévu, mais pour le moment, rien à l’horizon. En tous cas, celle-là, elle ne m’aura jamais dans son lit : elle me rappelle l’autre… Et puis, merde. Je cherche du cul, rien d’autre. Bon, j’y retourne : je vais me dégotter une petite mignonne. Il me faut bien ça pour me calmer un peu… Enfin, calmer, pas pour tout…
- Serment...
Je lui avais fait le serment de ne jamais l’attendre nue, sur un lit. Parce que je me refusais de le réduire à un consommateur de chair (plus trop fraîche, je l’avoue). Parce que, aussi, je voulais une espèce d’égalité : pourquoi me serais-je offerte, même si j’étais certaine qu’il en serait heureux alors que moi aussi, je voulais qu’il me déshabille. Au fur et à mesure de nos échanges, j’avais senti la confiance m’envahir. Le désir aussi, intime, de le rencontrer. Mais surtout, vraiment surtout, cette excitation, qui se glissait de plus en plus insidieusement au creux de moi. (… Je tâche de ne pas verser dans le cru…) Et puis, quand j’ai entendu sa voix, j’ai su que tout se passerait bien. Une voix claire, douce, pas nasillarde. Un ton assuré. Un débit de paroles fluide. J’ai aimé cela, ces trente minutes… alors qu’il m’en promettait quinze. J’entre dans le vif du sujet ? Restez là, juste à côté de moi, mon ami. Je sais que ce que vous aimeriez, c’est que ma bouche et votre sexe fassent connaissance. Je sais que votre langue aurait envie de s’occuper de mes lèvres, pas celles de mon visage, du moins, dans un deuxième temps. Je me pose la question… Aimerai-je cela ? Peu d’hommes l’ont fait, jusqu’ici. Je n’en manifeste pas vraiment l’envie : ce doit être pour ça… Par contre, c’est ici que je voulais arriver, je vous l’avoue, ce qui me plait par-dessus tout, c’est… l’embouchage. Je fais durer. Je ne me précipite pas sur « la chose ». J’aime dévêtir lentement : les boutons d’une chemise, la ceinture, le bouton et la tirette d’un pantalon. Et puis, quand il ne reste que le boxer, ou le slip, là, c’est un des moments préliminaires que je préfère… Observer un sexe raide mais emballé : quel pied. C’est là que l’imaginaire est réellement sollicité. « A quoi ressemble-t-il ? » On a déjà une idée de l’excitation mais… est-il lisse ou pas, grand ou plus trapu, l’érection est-elle complète ou pas, et le gland, pourrai-je le mettre en bouche facilement ? Perle-t-il déjà ?. Souvent, c’est le genre de question que je me pose. Le prendre en main sans avoir envie de le regarder vraiment, histoire de mesurer s’il serait facilement « masturbable » (cela existe, ce terme ?). Le cajoler. Passer les doigts contre la toison pubienne. Est-elle douce ? Et ailleurs ? Qu’en est-il des bourses ? Oserai-je tenter un doigt dans la raie des fesses ? Que de questions… Et cela ne concerne encore que la zone du sexe… Je vous parlerai certainement d’autres choses : l’aspect du corps, l’agilité des doigts, les murmures au moment de la jouissance. Je vous raconterai… Nous nous raconterons… Quand nous nous retrouverons… Bientôt…
- DEFI Saint-Valentin #5
J'aime la musique et les mots. Je cherche un ami-amant, quelqu’un qui me prendra comme je suis, avec mon passif (pas si passif que ça, d'ailleurs) sentimental et sexuel, qui sera attentif et respectueux et dont j’aimerai le visage et le corps... Je privilégie la tendresse, le soft un peu pimenté, les moments érotiques. avec des messieurs délurés entre 35 et 45 ans qui ne promettent pas le grand amour mais qui sont respectueux et pour lesquels je ne serais pas une nouvelle conquête à leur tableau de chasse. Non-exclusive mais fidèle dans l'infidélité. Vous vous reconnaissez ? Un petit message ne vous engage en/à rien. Distinguez-vous et évadons-nous dans l'imaginaire et l'inattendu pour notre plus grand plaisir. B.
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - premiers échanges
Elle Alors, voilà, après des jours de silence, monsieur m’a répondu. Quand il se connectait, il n’était pas nécessairement seul. Il était en vacances avec sa dépressive de compagne. Il ne m’en a pas dit beaucoup à son sujet à elle, mais c’était clair entre les lignes. Il débarquait sur le site, vérifiait s’il avait des messages et puis, laissait la fenêtre ouverte, mais faisait autre chose. Et là, on a un peu parlé : de son job, entre autres. Il est graphiste. Donc, rien à voir avec mon cher ami qui lui, est musicien. On reste dans l’artistique, c’est vrai, mais le graphisme, c’est davantage un truc de l’ombre… Il habite la capitale. Et puis, que dire d’autre : c’était assez court, en fait, l’échange. Ce que je voudrais, c’est un peu « pénétrer dans sa tête ». Oui, je sais que c’est le genre de chose qui fait peur et en général, sur le site, les hommes n’exposent pas leur fragilité, mais bon, on peut toujours rêver. Il m’a juste dit pour sa copine, mais pas entré dans les détails. Je n’ai pas saisi ce qu’il attend, en fait. C’est assez vague. C’est bizarre. Il laisse la part belle aux femmes, ce site, genre « vous êtes les reines et vous choisissez »… Dans le fond, c’est réellement un slogan à la noix. Quand quelqu’un nous plait vraiment, si ce n’est pas pareil de son côté, on peut se brosser le ventre. C’est comme dans la vie réelle. Au début, j’avais une quantité de demandes de rendez-vous : les hommes par ici étaient-ils à ce point morts de faim ? Voulaient-ils étoffer leur tableau de chasse ? Cherchaient-ils, comme moi, à se rassurer ? Oui, je reconnais qu’il y a des femmes qui réagissent comme certains des mecs avec qui j’ai parlé. Mais je ne suis pas comme ça : c’est pas la course à qui en aura le plus. Et puis, le « plus » de quoi ? D’attentions, de chaleur humaine, de sexe, d’échanges positifs ? C’était bien confus, tout ça. Donc, on papote. On se trouve peu de points communs, mais la conversation est gentille, agréable, charmante. Elle m’a d’ailleurs rappelé pas mal la première que j’avais eue sur MSN, il y a perpète comme disait un de mes fils quand il était ado, avec mon monsieur. Je ne criais pas victoire : il vaut mieux rester prudente. Mais dans le fond, qu’est-ce que je craignais ? Il n’était pas « mon cher ami ». J’espérais trouver en lui des choses qui m’auraient réconciliée avec moi-même et avec mes sentiments pour lui et aussi, pouvoir passer à quelqu’un d’autre. Je ne savais pas s’il répondait à mes attentes : il était trop tôt encore pour émettre quoi que ce soit comme conclusion. Lui Je suis entré en contact avec plusieurs demoiselles et juste une femme, une vraie. Oui, j’ai toujours préféré les personnes plus âgées : en général, elles sont plus posées et plus respectueuses aussi. Mais celle-ci, elle pourrait être ma mère… Elle n’a pas l’air d’être coincée. On a parlé gentiment. Mais rien de personnel ou de très intime. Non, simplement pour faire connaissance. Je ne m’imagine pas avec quelqu’un de cet âge-là, mais bon, c’était agréable. Si je parviens à passer au-dessus de cette histoire de différence de génération, ça peut être intéressant. Elle va peut-être m’apprendre des trucs… Qui sait ? D’un autre côté, si c’est juste pour tirer son coup, une jeune, ça convient parfaitement... Elle C’est comme si je l’avais retrouvé après toutes ces années… Ne pas vouloir aller trop vite. Ne pas brusquer les choses. Être juste « normale », pas envahissante. Et cela, ça m’en coûtait vraiment… Donc, on s’est parlé. J’ai le sentiment que je pourrais l’intéresser. Enfin, non, je pense qu’une histoire de sexe avec quelqu’un de mon âge pourrait l’intéresser. C’est déjà ça. Et si je tombe amoureuse… je pourrais abandonner un peu mes chimères pour ce cornichon qui m’ignore depuis si longtemps. Bien sûr, je continuais d’échanger avec d’autres : un prof, comme moi, des fonctionnaires, deux ingénieurs, un monsieur dont le rêve était que je le « soumette ». Les amateurs ne manquaient pas. Je me livrais, parfois. D’autres fois, je restais carrément dans le vague. Ceux à qui je me confiais ne revenaient en général pas, comme s’ils se disaient « la place est prise par un fantôme, inutile de poursuivre avec une folle comme ça ». Tant pis : c’est que, dans le fond, ce qu’ils clamaient à corps et à cris genre « je recherche de la complicité et plus si affinités » n’était qu’un beau miroir aux alouettes pour nous fourrer dans leur lit. Mes émerveillements et mes chagrins faisaient peur et repoussaient, j’en étais consciente. Et puis, j’en écrivis plus sur mon profil. Je parlais de musique et de mots, oui, mais j’ajoutai que je cherchais un amant aimant qui me prendrait avec mon passif pas si passif que ça et dont j’aimerais le corps et le visage… Juste un m’aborda en me disant qu’il sentait la détresse dans ma description. Sinon, un autre m’insulta de tous les noms d’oiseaux parce qu’il s’était imaginé qu’il serait le suivant dans la liste de mes amants et que « si j’avais changé mes mots, c’est que je cherchais à nouveau sans le recontacter »… Enfin, bref, les propositions passionnantes ne se bousculaient pas. C’était décevant, mais au moins, j’étais claire. J’aurais dû, pour être vraiment honnête, parler de l’âge d’un partenaire potentiel… Les gens du mien ne m’intéressaient absolument pas. Ni même ceux de cinq ans de moins. Ce qui me faisait frétiller, c’était ceux qui étaient dans la quarantaine, la trentaine, même.. Je ne jetais qu’un coup d’œil dénué de toute passion à ceux n’entrant pas dans cette sélection… Je zappais systématiquement les cinquantenaires et plus. Je n’osais pas indiquer ce genre de détail sur mon profil. Je n’avais pas envie de passer pour une cougar. Je ne m’étais jamais sentie comme ça. Non, ce que je voulais, c’était quelqu’un d’assez intéressé par moi pour m’épauler, me consoler de cet homme qui me repoussait, qui aurait un physique que moi, j’apprécierais et qui ne serait pas rebuté par les signes que le temps avait déjà laissé sur mon corps.
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 8.1 Cerise
Lui Là, les choses sont allées vite : il n’a pas fallu une heure pour qu’on se rencarde. Elle ne pose pas de questions. Elle m’a proposé un plan chez elle… Elle a l’air de savoir ce qu’elle veut : tirer son coup… Elle a vingt-cinq ans d’après ce qu’elle m’a dit. Son compagnon n’est pas avec elle en semaine. Il est routier ou quelque chose du style. Donc, elle a l’appart pour elle. Elle m’a envoyé sur son instagram, histoire que je sache à quoi elle ressemble… Elle n’est pas grande, avec des formes généreuses. J’avoue que ça me fait un peu peur, mais bon… il y aura de quoi palper… Elle est blonde avec des yeux noisette. Je pense que le blond, c’est pas sa couleur naturelle. On verra ! Cerise Il avait garé sa voiture à quelques rues de l’adresse qu’elle lui avait donnée. Il ne craignait pas le compagnon de Cerise, plutôt les voisins, derrière les rideaux… Il arriva chez elle, tout fringant : il avait décidé de mettre une chemise rouge, histoire d’être dans le ton ! Elle lui avait expliqué qu’elle habitait au 1 er et qu’il n’y avait pas d’ascenseur. De toute manière, il était jeune. Ce n’était pas deux volées de vingt marches qui lui faisaient peur. Il sonna et une voix fluette se fit entendre dans l’interphone. « Je t’ouvre. » Il était là, devant elle. Elle l’attendait, vêtue elle aussi de rouge : une blouse un peu transparente et une jupe très courte. Ses pieds étaient nus et le vernis qui recouvrait ses ongles était de la même couleur que ses habits. Pareil aussi pour les ongles de ses mains, pour le gloss… Décidément. Il se mit à penser que « trop de rouge tue le rouge », mais ne dit rien. Ses sous-vêtements devaient être rouges aussi… Quelle débauche ! Visiblement, elle ne faisait rien à moitié. — Entre… susurra-t-elle — J’ai apporté une bouteille. Je me suis dit que, tant qu’à faire, l’alcool viendrait à point pour nous dérider… — J’ai besoin de l’être, tu penses ? — Je n’en ai pas tant l’impression, mais bon, quand j’ai songé à ça, je ne t’avais pas encore vue ! — C’est vrai. Elle prit la bouteille : du rosé. Elle aimait ça : c’est pas trop fort, sucré et ça pétille joliment… Elle la déposa sur la table basse qui se trouvait face aux canapés rouges. Était-ce utile de le préciser ? — Je vais chercher un tire-bouchon et deux verres. Tu voudras bien l’ouvrir ? Je ne suis pas très adroite… — OK, fit Brad. — Et oui, choisis où tu as envie de t’asseoir. Elle faisait tout le mettre aussi à l’aise qu’elle. Il y avait un gros tapis écru sous la table de salon. C’était amusant : les poils en étaient tellement longs que parfois, les orteils de Cerise y disparaissaient et on ne voyait plus que ses ongles rouges… L’homme s’assit dans celui qui était le plus éloigné de la table. Un trois-places, de belle dimension. Il attendait que Cerise revienne avec les verres et le tire-bouchon. Il regardait autour de lui : un grand meuble sur lequel trônaient des photos de la jeune fille avec un monsieur, son compagnon, sans doute… Il se demandait si le couple baisait encore. Il avait l’air costaud, son ami, et plus âgé qu’elle… Il ne lui poserait pas de question. C’est mieux quand on ne se raconte pas trop… Elle revint en minaudant. — Voilà : j’ai ce qu’il faut. Brad ouvrit la bouteille avec un petit pop presque indistinct et leur servit un verre à chacun. Elle était venue le rejoindre dans le canapé. Elle était assise en tailleur et il pouvait observer ses jambes, ce qu’il ne se gênait pas de faire… — T’es mignonne… — Tu trouves ? — Ouais… — Je suis pas trop grosse ? — Mais non, enfin. Qu’est-ce que tu vas chercher ? Enfin, c’est pas facile de juger puisque je ne vois pas tout, mais… — Je peux te montrer, si tu veux. Ou alors, c’est toi qui me déshabilles, juste histoire que ça confirme ce que tu disais… — Et bien, si ça ne te dérange pas, je voudrais que… tu me fasses un petit strip-tease, tu sais, un truc du style des photos que tu as postées sur Instagram… La voilà prise à son propre piège, pensait-il en souriant… — Attends, je dois mettre une musique de circonstance, dans ce cas, dit-elle à l’homme en lui faisant de l’œil. Cerise se mit debout, déposa le verre duquel elle avait déjà bu plus de la moitié et en ondulant de la croupe, se dirigea vers la base iPod qui se trouvait sur le grand meuble. Elle sélectionna sans peine une playlist… ronronnante, comme elle la qualifia : de la musique lounge, un peu jazzy, avec, évidemment, du sax… — Montre-moi comment tu fais, lui dit l’homme. — Je me déshabille ? — Non, contente-toi de danser, pour le moment… — OK… Tu me rejoindras ? — Peut-être… Brad lui sourit. Il aimait l’air mutin de la jeune fille, sa façon d’être. Oui, elle était un rien too much avec ce rouge qu’il y avait partout sur elle et autour d’elle, mais dans le fond, elle était simple et sympa. Cerise commença de se déhancher d’abord légèrement puis de manière plus insistante. De ses mains un peu potelées, elle se caressait, des hanches aux seins… L’homme se demandait ce qu’elle portait sous sa jupe : un string, une culotte ? L’habit n’était pas assez serré pour qu’il voie quoi que ce soit comme trace. Peut-être rien, finalement ? Elle avait empoigné ses seins lourds à présent et tout en les malaxant, elle passait la langue sur ses lèvres glossées… Bon dieu, ce qu’elle était bandante ! Il était clair qu’elle ne portait pas de soutien-gorge sous la blouse un peu transparente. Au travers de celle-ci, il pouvait voir ses tétons durcis par son excitation à elle. Il ravala sa salive. Mais, c’est qu’elle savait s’y prendre, la petite Cerise. Il fit un mouvement pour mettre son verre vide sur la table. — Oh oui, lève-toi et… Elle haletait un peu. Le fait de sa « danse » ? Celui de s’être caressée devant lui ? Celui qu’elle voit le jeans tendu de l’homme au niveau de son entrejambe ?… Il se mit debout et s’approcha d’elle. Il commença de bouger au même rythme qu’elle, la frôlant presque, mais sans que leurs mains ou quoi que ce soit de leur corps ne se touchent. Il avait les yeux fermés : il humait son parfum suave, un rien capiteux et certainement bon marché. Il laissait monter le désir. Encore, encore un peu. Elle avait une tête de moins que lui. Il respirait ses cheveux blonds. Il avait envie de son corps délicatement pulpeux, il avait envie de prendre ses seins au creux de ses mains comme elle l’avait fait quelques minutes auparavant. Il avait envie… Oui, il était temps, maintenant, de savoir ce qu’elle portait sous sa jupe… Sans ouvrir les yeux, il fit un petit geste vers la cuisse gauche de la jeune fille. Comme elle n’avait pas l’air de s’en offusquer et toujours sans rien dire, il remonta le vêtement court pas cintré.
- Infidélité, quand tu nous tiens...
« Mon mari est tombé sur les préservatifs... Je pense qu'il va encore plus être à fouiner... Ils étaient dans le sac que je prends pour venir à Bxl. Et il a fouillé tous mes sacs pour retrouver ma carte Mobib. J'espère que ça ne va pas porter à conséquences. Je lui ai dit que je les avais reçus sans autre précision... » Je contemple mon smartphone. Décidément, elle n’est vraiment pas prudente. Ce n’est pas la première fois qu’elle est dans des draps pareils. La dernière en date, c’était lors de notre chat de lundi passé. Son époux était juste à côté d’elle et visiblement, il était intéressé par la conversation que nous avions, sans savoir, évidemment, que c’était avec moi, son amant, qu’elle parlait. Ces présos, c’est moi qui les lui ai filés. On se connait depuis cinq ans, à peu près. Je suis libertin et surtout candauliste… Elle me parle depuis des semaines d’un type dont elle a fait la connaissance sur Gleeden. Elle a visiblement complètement craqué sur le physique avantageux de l’homme et, un brin cougar, même si elle s’en défend, sur son âge. En plus, le fait qu’il n’ait jamais été infidèle ajoute au charme : elle rêve de l’initier en douceur à l’adultère, aux rapports et jeux clandestins. La première fois qu’ils se sont vus, j’avais rendez-vous avec elle juste après. Je suis allée la récupérer à la gare parce que son train avait du retard et que la chambre d’hôtel était réservée pour une heure précise. Elle s’était assise à côté de moi. Plutôt jetée dans le siège du mort. Je restais silencieux. Je ne savais pas comment aborder les choses. Elle avait le visage lumineux. Je la sentais heureuse. Cela faisait plaisir à voir. Je n’ai pas posé de questions. Je sentais cette envie qu’elle devait avoir éprouvé avec ce jeune homme, un François. Pourtant, d’après ce que j’en savais, c’était quelqu’un « dans les clous », pas un collectionneur ou un habitué des sites de rencontres. Comme j’espérais la voir avec un autre, j’étais prêt à rencontrer cet homme. Il devait être spécial. Surtout pour elle. Quand nous avons rejoint la chambre rouge avec tous ses miroirs, elle et moi, j’ai rapidement ôté ma chemise. Avant de m’installer sur le lit, j’étais déjà torse nu. Allongé nonchalamment. Je la laissais me regarder comme elle aime tant le faire. Je la sentais sur des charbons ardents. À nouveau, elle me matait à la sauvette avec des yeux affamés. Il n’y avait pas que ses yeux. Tout son corps était un « appel à l’amour », au plaisir, plutôt. Comme si elle était complètement allumée. On a papoté, comme d’habitude, en buvant du vin et en mangeant du melon et des biscuits. Je sais qu’elle adore ça. Pourtant, ce jour-là, je la sentais pressée. Mais impossible de savoir combien de temps elle allait résister avant de me sauter dessus. Ça sentait le sexe. Ça faisait du bien. Parfois, je me dis qu’un peu de fougue dans nos rendez-vous ne ferait pas de tort. Elle reste souvent sur la réserve. Et moi, pour ne pas la troubler et lui faire peur, je me mets à son diapason. Mais vous savez, cette fois-ci, c’était différent. Vraiment différent. Elle manifeste souvent un peu de retenue, quand on se retrouve. Alors qu’aujourd’hui… Je vous décris le tableau en quelques mots. Elle s’est déshabillée très vite. Elle est restée en string sans lingerie et sans haut. Elle m’a caressé le torse, a enfoui son nez sous mon aisselle gauche pour se baffrer de mon odeur corporelle. Puis, elle m’a demandé timidement si elle pouvait me prendre en bouche. Comme je sais qu’elle allie douceur et vigueur, je ne l’ai évidemment pas repoussée. En plus, cette fois-ci, elle s’est occupée de mes bourses très, très délicatement. J’avais l’impression qu’elle chérissait un petit animal fragile, vous voyez, comme un chiot ou un chaton. Elle m’a pratiquement fait jouir comme ça, d’ailleurs. J’ai savouré à un point… Puis, comme à son habitude, elle m’a enjambé, s’est frottée à moi, enfin, je devrais dire, s’est masturbée sur mon érection. Elle haletait un peu tandis que je m’occupais de ses seins. Je sais qu’elle adore ça. Elle ondulait sur moi et quand elle a fondu en larmes, j’ai su qu’elle avait joui. Ça a l’air tout simple et… ça l’est. On ne se prend pas la tête : on profite du moment. Et je suis certain que si elle n’avait pas rencontré son François aujourd’hui, elle n’aurait pas été aussi excitée. J’en aurais moins profité, j’aurais été comme de coutume : mesuré, lent. Mais je l’ai sentie tellement en demande que c’est naturellement qu’on s’est imbriqués l’un dans l’autre et qu’on a eu autant de plaisir l’un et l’autre. Depuis qu’ils sont en contact elle et lui, c’est magique. D’après ce qu’elle me raconte, il ne s’est encore rien passé de physique entre eux. Mais elle n’attend que cela : c’est manifeste. Alors, pour que François ne soit pas obligé de se procurer de quoi les … protéger… , un matin, au chat, elle m’a dit « je peux vous demander une faveur ? ». Elle m’a expliqué que si François et elle avaient envie de passer à l’acte, ce serait chouette qu’elle sorte un préservatif de sa poche, histoire que la situation spontanée soit… gérée. Et j’ai accepté : je pouvais bien faire ça pour elle qui me gâte tellement. Et puis, je la savais décidée. Et quand elle est obstinée comme ça… Messieurs, si votre compagne a ce genre de chose dans son sac, c’est parce que vous n’êtes pas son seul partenaire de jeu. Elle a sans doute un et pourquoi pas plusieurs autres complices… Posez-lui la question : peut-être en cherchent-ils un supplémentaire !
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 3. Bérengère
Lui, il portait une veste légère, un T-shirt bleu marine et un jeans. Elle, une robe fleurie dont le fond était vert.
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 5.1 : Claire
Lui Je me demande quand sera le prochain rendez-vous… J’avais bien quelqu’une en tête, mais visiblement, c’est difficile pour elle de se libérer… Moi, j’ai pas ce problème-là. Ma compagne, elle bosse jusque tard : elle rentre, soupe et puis dodo. Et moi, je peux toujours prétexter du boulot en retard et passer une soirée coquine en bonne compagnie… Donc, j’ai dit à ma copine que j’avais été rappelé et que je ne savais pas à quelle heure je serais de retour. Comme elle était crevée, elle m’a répondu de ne pas me presser, qu’elle irait dormir tôt et que moi, je n’avais qu’à la rejoindre quand j’aurais fini. J’empoignai mon GSM, ouvris la page du site et tâchai de retrouver cette jeune femme qui m’avait attiré l’attention. Elle était plus âgée que Bérengère, mais à peine. Trente-cinq ans, j’aurais dit, donc, à peu près mon âge. Elle habitait plus loin. On avait déjà un peu échangé, mais rien de bien intime. Je lui envoyai un petit mot sur le site : « ça roule pour 21 h tout à l’heure ? ». J’avais clairement envie d’une aventure d’un soir… Sa réponse ne tarda pas « ok. Voici mon adresse. » Suivaient ses coordonnées et son numéro de portable. Heureusement qu’elle était connectée quand moi, je m’étais mis en ligne. J’encodai l’adresse dans mon GPS et son numéro de portable dans la mémoire du mien. Pour ne pas éveiller la curiosité de mon amie, j’indiquai juste son prénom et G pour l’initiale du nom de famille. Claire. Son prénom, c’était Claire… Claire Il n’avait pas fallu plus d’une demi-heure à l’homme pour la rejoindre… Elle lui avait dit d’entrer, que la porte serait ouverte. Elle habitait dans un quartier cossu. Sa maison se trouvait au bout d’une allée. Il y avait plusieurs mètres à parcourir et puis on arrivait devant une lourde porte qui, de fait, était entrouverte. Elle l’attendait… Quand il l’aperçut, il fut médusé. Elle était vêtue de latex, des pieds à la tête. Oui, ça fait cliché, mais c’était tout à fait réel. Aux pieds, des chaussures aux talons impressionnants. Comment était-elle capable de marcher avec ça ? Ses cheveux étaient d’un roux flamboyant et elle était plutôt grande. Davantage que ce que la photo de la galerie privée montrait. Elle avait des yeux verts en amande, de jolies lèvres pulpeuses, un petit nez et deux fossettes, une sur le menton et une autre juste à la droite de sa bouche. Brad était inquiet. Mais qu’est-ce qui allait se passer à présent ? Il n’avait jamais été question entre eux d’un quelconque jeu de domination… Alors ? — Mets-toi nu… commanda-t-elle. — Tout à fait ? — Tout à fait, oui… Pendant qu’il s’exécutait, elle lui aboya d’autres consignes : — Tu garderas les yeux baissés, tu ne me tutoieras pas et tu m’appelleras « maîtresse ». C’est entendu ? Dans quoi était-il tombé ? Ou plutôt à qui avait-il affaire ? Cette Claire semblait si douce virtuellement. Et là, elle lui donnait des ordres. Parce que « consignes », c’était vraiment trop soft pour le fond de l’histoire. — Tu vas me faire mal ? lâcha-t-il en la regardant effrontément… Il ne l’avait pas vouvoyée, histoire de lui faire comprendre qu’il n’avait pas réellement envie de se conformer à ses injonctions. — Je t’ai dit de ne pas me regarder… Baisse les yeux… Cela allait-il lui plaire ? Il n’en savait rien. Rien n’était moins sûr. Il jouerait un peu, mais pas trop… Lui, ce qu’il voulait, c’était tirer son coup. Alors, il ne fallait pas que tout cela, ces histoires de soumission, ça s’éternise… — T’es pas mal, lui dit Claire, en tournant autour de lui et en le jaugeant d’un œil critique. Mais il faut te dompter. Tu n’es qu’un vilain garçon qui n’obéit pas à sa maîtresse… Bonjour le cliché… — Alors, tu vas approcher pour que je te mette un collier. Ensuite, je vais te regarder vraiment… L’homme s’avança, une main posée sur le sexe. Il se sentait vulnérable. Il n’y avait pas que son corps qui l’était. Son esprit aussi. C’était étrange comme impression. Désarmant. Il n’était déjà pas sûr de lui. Alors, cette expérience, ça le déstabilisait profondément. Elle commença par le visage. Il en émanait une certaine douceur, mais également une volonté farouche de faire « ce dont il avait en envie ». Il faudrait changer cela. Il était son soumis et il n’avait pas à avoir d’idées personnelles. Juste la servir. Ses yeux étaient pâles : on aurait dit la couleur de la mer du nord en hiver. Une jolie bouche un peu cachée par une barbe de plus de trois jours. Un nez droit. Ce qui la frappa, c’était la longueur de ses cils châtains. Elle passa ensuite aux extrémités : les mains et les ongles soignés, les pieds pareils. — Ôte ta main de là, ordonna-t-elle en désignant le bas-ventre de Brad. Celui-ci s’exécuta. Il avait un sexe agréable à regarder. Serait-il aussi intéressant « à l’intérieur d’elle » ? Pour le moment, il était encore flasque, mais elle se plaisait à penser que cela ne durerait pas… — T’as pas mieux ? Il baissa davantage la tête. Oui, c’est vrai, il ne bandait pas, mais cette situation était tellement incongrue. Il était arrivé tout fringant, dur et excité, en se disant qu’il allait honorer cette femme comme elle le méritait. Et puis, cela avait tourné tout à fait autrement que ce qu’il s’imaginait. Et il avait débandé d’un coup… C’était sa faute, après tout. — Pourtant, avec un engin pareil, tu dois pouvoir contenter les femmes, non ?
