Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 5.1 : Claire
- Bleue

- il y a 5 jours
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Lui
Je me demande quand sera le prochain rendez-vous… J’avais bien quelqu’une en tête, mais visiblement, c’est difficile pour elle de se libérer… Moi, j’ai pas ce problème-là. Ma compagne, elle bosse jusque tard : elle rentre, soupe et puis dodo. Et moi, je peux toujours prétexter du boulot en retard et passer une soirée coquine en bonne compagnie…
Donc, j’ai dit à ma copine que j’avais été rappelé et que je ne savais pas à quelle heure je serais de retour. Comme elle était crevée, elle m’a répondu de ne pas me presser, qu’elle irait dormir tôt et que moi, je n’avais qu’à la rejoindre quand j’aurais fini.
J’empoignai mon GSM, ouvris la page du site et tâchai de retrouver cette jeune femme qui m’avait attiré l’attention.
Elle était plus âgée que Bérengère, mais à peine. Trente-cinq ans, j’aurais dit, donc, à peu près mon âge. Elle habitait plus loin. On avait déjà un peu échangé, mais rien de bien intime. Je lui envoyai un petit mot sur le site : « ça roule pour 21 h tout à l’heure ? ». J’avais clairement envie d’une aventure d’un soir… Sa réponse ne tarda pas « ok. Voici mon adresse. » Suivaient ses coordonnées et son numéro de portable. Heureusement qu’elle était connectée quand moi, je m’étais mis en ligne.
J’encodai l’adresse dans mon GPS et son numéro de portable dans la mémoire du mien. Pour ne pas éveiller la curiosité de mon amie, j’indiquai juste son prénom et G pour l’initiale du nom de famille. Claire. Son prénom, c’était Claire…
Claire
Il n’avait pas fallu plus d’une demi-heure à l’homme pour la rejoindre… Elle lui avait dit d’entrer, que la porte serait ouverte. Elle habitait dans un quartier cossu. Sa maison se trouvait au bout d’une allée. Il y avait plusieurs mètres à parcourir et puis on arrivait devant une lourde porte qui, de fait, était entrouverte. Elle l’attendait…
Quand il l’aperçut, il fut médusé. Elle était vêtue de latex, des pieds à la tête. Oui, ça fait cliché, mais c’était tout à fait réel. Aux pieds, des chaussures aux talons impressionnants. Comment était-elle capable de marcher avec ça ? Ses cheveux étaient d’un roux flamboyant et elle était plutôt grande. Davantage que ce que la photo de la galerie privée montrait. Elle avait des yeux verts en amande, de jolies lèvres pulpeuses, un petit nez et deux fossettes, une sur le menton et une autre juste à la droite de sa bouche.
Brad était inquiet. Mais qu’est-ce qui allait se passer à présent ? Il n’avait jamais été question entre eux d’un quelconque jeu de domination… Alors ?
— Mets-toi nu… commanda-t-elle.
— Tout à fait ?
— Tout à fait, oui…
Pendant qu’il s’exécutait, elle lui aboya d’autres consignes :
— Tu garderas les yeux baissés, tu ne me tutoieras pas et tu m’appelleras « maîtresse ». C’est entendu ?
Dans quoi était-il tombé ? Ou plutôt à qui avait-il affaire ? Cette Claire semblait si douce virtuellement. Et là, elle lui donnait des ordres. Parce que « consignes », c’était vraiment trop soft pour le fond de l’histoire.
— Tu vas me faire mal ? lâcha-t-il en la regardant effrontément…
Il ne l’avait pas vouvoyée, histoire de lui faire comprendre qu’il n’avait pas réellement envie de se conformer à ses injonctions.
— Je t’ai dit de ne pas me regarder… Baisse les yeux…
Cela allait-il lui plaire ? Il n’en savait rien. Rien n’était moins sûr. Il jouerait un peu, mais pas trop… Lui, ce qu’il voulait, c’était tirer son coup. Alors, il ne fallait pas que tout cela, ces histoires de soumission, ça s’éternise…
— T’es pas mal, lui dit Claire, en tournant autour de lui et en le jaugeant d’un œil critique. Mais il faut te dompter. Tu n’es qu’un vilain garçon qui n’obéit pas à sa maîtresse…
Bonjour le cliché…
— Alors, tu vas approcher pour que je te mette un collier. Ensuite, je vais te regarder vraiment…
L’homme s’avança, une main posée sur le sexe. Il se sentait vulnérable. Il n’y avait pas que son corps qui l’était. Son esprit aussi. C’était étrange comme impression. Désarmant. Il n’était déjà pas sûr de lui. Alors, cette expérience, ça le déstabilisait profondément.
Elle commença par le visage. Il en émanait une certaine douceur, mais également une volonté farouche de faire « ce dont il avait en envie ». Il faudrait changer cela. Il était son soumis et il n’avait pas à avoir d’idées personnelles. Juste la servir. Ses yeux étaient pâles : on aurait dit la couleur de la mer du nord en hiver. Une jolie bouche un peu cachée par une barbe de plus de trois jours. Un nez droit. Ce qui la frappa, c’était la longueur de ses cils châtains. Elle passa ensuite aux extrémités : les mains et les ongles soignés, les pieds pareils.
— Ôte ta main de là, ordonna-t-elle en désignant le bas-ventre de Brad.
Celui-ci s’exécuta. Il avait un sexe agréable à regarder. Serait-il aussi intéressant « à l’intérieur d’elle » ? Pour le moment, il était encore flasque, mais elle se plaisait à penser que cela ne durerait pas…
— T’as pas mieux ?
Il baissa davantage la tête. Oui, c’est vrai, il ne bandait pas, mais cette situation était tellement incongrue. Il était arrivé tout fringant, dur et excité, en se disant qu’il allait honorer cette femme comme elle le méritait. Et puis, cela avait tourné tout à fait autrement que ce qu’il s’imaginait. Et il avait débandé d’un coup… C’était sa faute, après tout.
— Pourtant, avec un engin pareil, tu dois pouvoir contenter les femmes, non ?



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