Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 8.1 Cerise
- Bleue

- il y a 24 heures
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Lui
Là, les choses sont allées vite : il n’a pas fallu une heure pour qu’on se rencarde. Elle ne pose pas de questions. Elle m’a proposé un plan chez elle… Elle a l’air de savoir ce qu’elle veut : tirer son coup… Elle a vingt-cinq ans d’après ce qu’elle m’a dit. Son compagnon n’est pas avec elle en semaine. Il est routier ou quelque chose du style. Donc, elle a l’appart pour elle. Elle m’a envoyé sur son instagram, histoire que je sache à quoi elle ressemble… Elle n’est pas grande, avec des formes généreuses. J’avoue que ça me fait un peu peur, mais bon… il y aura de quoi palper… Elle est blonde avec des yeux noisette. Je pense que le blond, c’est pas sa couleur naturelle. On verra !
Cerise
Il avait garé sa voiture à quelques rues de l’adresse qu’elle lui avait donnée. Il ne craignait pas le compagnon de Cerise, plutôt les voisins, derrière les rideaux… Il arriva chez elle, tout fringant : il avait décidé de mettre une chemise rouge, histoire d’être dans le ton !
Elle lui avait expliqué qu’elle habitait au 1er et qu’il n’y avait pas d’ascenseur. De toute manière, il était jeune. Ce n’était pas deux volées de vingt marches qui lui faisaient peur. Il sonna et une voix fluette se fit entendre dans l’interphone. « Je t’ouvre. »
Il était là, devant elle. Elle l’attendait, vêtue elle aussi de rouge : une blouse un peu transparente et une jupe très courte. Ses pieds étaient nus et le vernis qui recouvrait ses ongles était de la même couleur que ses habits. Pareil aussi pour les ongles de ses mains, pour le gloss… Décidément. Il se mit à penser que « trop de rouge tue le rouge », mais ne dit rien. Ses sous-vêtements devaient être rouges aussi… Quelle débauche ! Visiblement, elle ne faisait rien à moitié.
— Entre… susurra-t-elle
— J’ai apporté une bouteille. Je me suis dit que, tant qu’à faire, l’alcool viendrait à point pour nous dérider…
— J’ai besoin de l’être, tu penses ?
— Je n’en ai pas tant l’impression, mais bon, quand j’ai songé à ça, je ne t’avais pas encore vue !
— C’est vrai.
Elle prit la bouteille : du rosé. Elle aimait ça : c’est pas trop fort, sucré et ça pétille joliment… Elle la déposa sur la table basse qui se trouvait face aux canapés rouges. Était-ce utile de le préciser ?
— Je vais chercher un tire-bouchon et deux verres. Tu voudras bien l’ouvrir ? Je ne suis pas très adroite…
— OK, fit Brad.
— Et oui, choisis où tu as envie de t’asseoir.
Elle faisait tout le mettre aussi à l’aise qu’elle. Il y avait un gros tapis écru sous la table de salon. C’était amusant : les poils en étaient tellement longs que parfois, les orteils de Cerise y disparaissaient et on ne voyait plus que ses ongles rouges…
L’homme s’assit dans celui qui était le plus éloigné de la table. Un trois-places, de belle dimension. Il attendait que Cerise revienne avec les verres et le tire-bouchon. Il regardait autour de lui : un grand meuble sur lequel trônaient des photos de la jeune fille avec un monsieur, son compagnon, sans doute… Il se demandait si le couple baisait encore. Il avait l’air costaud, son ami, et plus âgé qu’elle… Il ne lui poserait pas de question. C’est mieux quand on ne se raconte pas trop…
Elle revint en minaudant.
— Voilà : j’ai ce qu’il faut.
Brad ouvrit la bouteille avec un petit pop presque indistinct et leur servit un verre à chacun. Elle était venue le rejoindre dans le canapé. Elle était assise en tailleur et il pouvait observer ses jambes, ce qu’il ne se gênait pas de faire…
— T’es mignonne…
— Tu trouves ?
— Ouais…
— Je suis pas trop grosse ?
— Mais non, enfin. Qu’est-ce que tu vas chercher ? Enfin, c’est pas facile de juger puisque je ne vois pas tout, mais…
— Je peux te montrer, si tu veux. Ou alors, c’est toi qui me déshabilles, juste histoire que ça confirme ce que tu disais…
— Et bien, si ça ne te dérange pas, je voudrais que… tu me fasses un petit strip-tease, tu sais, un truc du style des photos que tu as postées sur Instagram…
La voilà prise à son propre piège, pensait-il en souriant…
— Attends, je dois mettre une musique de circonstance, dans ce cas, dit-elle à l’homme en lui faisant de l’œil.
Cerise se mit debout, déposa le verre duquel elle avait déjà bu plus de la moitié et en ondulant de la croupe, se dirigea vers la base iPod qui se trouvait sur le grand meuble. Elle sélectionna sans peine une playlist… ronronnante, comme elle la qualifia : de la musique lounge, un peu jazzy, avec, évidemment, du sax…
— Montre-moi comment tu fais, lui dit l’homme.
— Je me déshabille ?
— Non, contente-toi de danser, pour le moment…
— OK… Tu me rejoindras ?
— Peut-être…
Brad lui sourit. Il aimait l’air mutin de la jeune fille, sa façon d’être. Oui, elle était un rien too much avec ce rouge qu’il y avait partout sur elle et autour d’elle, mais dans le fond, elle était simple et sympa. Cerise commença de se déhancher d’abord légèrement puis de manière plus insistante. De ses mains un peu potelées, elle se caressait, des hanches aux seins… L’homme se demandait ce qu’elle portait sous sa jupe : un string, une culotte ? L’habit n’était pas assez serré pour qu’il voie quoi que ce soit comme trace. Peut-être rien, finalement ?
Elle avait empoigné ses seins lourds à présent et tout en les malaxant, elle passait la langue sur ses lèvres glossées… Bon dieu, ce qu’elle était bandante ! Il était clair qu’elle ne portait pas de soutien-gorge sous la blouse un peu transparente. Au travers de celle-ci, il pouvait voir ses tétons durcis par son excitation à elle. Il ravala sa salive. Mais, c’est qu’elle savait s’y prendre, la petite Cerise. Il fit un mouvement pour mettre son verre vide sur la table.
— Oh oui, lève-toi et…
Elle haletait un peu. Le fait de sa « danse » ? Celui de s’être caressée devant lui ? Celui qu’elle voit le jeans tendu de l’homme au niveau de son entrejambe ?…
Il se mit debout et s’approcha d’elle. Il commença de bouger au même rythme qu’elle, la frôlant presque, mais sans que leurs mains ou quoi que ce soit de leur corps ne se touchent. Il avait les yeux fermés : il humait son parfum suave, un rien capiteux et certainement bon marché. Il laissait monter le désir. Encore, encore un peu. Elle avait une tête de moins que lui. Il respirait ses cheveux blonds. Il avait envie de son corps délicatement pulpeux, il avait envie de prendre ses seins au creux de ses mains comme elle l’avait fait quelques minutes auparavant. Il avait envie…
Oui, il était temps, maintenant, de savoir ce qu’elle portait sous sa jupe… Sans ouvrir les yeux, il fit un petit geste vers la cuisse gauche de la jeune fille. Comme elle n’avait pas l’air de s’en offusquer et toujours sans rien dire, il remonta le vêtement court pas cintré.

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