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Les carnets du Piémont - 5.

Alessandro propose de repasser chez lui, le temps de prendre quelques affaires.

Christelle accepte avant même que je ne réponde.

Dans la voiture, elle s’installe à l’arrière. Je suis à l’avant, à côté d’Alessandro. Mais je ne l’écoute qu’à moitié.

Je la regarde dans le rétroviseur.

Elle entrouvre les cuisses. Lentement.

Son regard soutient le mien. Elle sait que je vois. Et elle sait que lui, là, à ma gauche, ne voit rien — pas encore. Elle passe une main sur son genou nu, le fait glisser jusqu’à mi-cuisse. Puis remonte encore un peu. Pas plus. Juste ce qu’il faut pour que je bande en silence, tandis qu’elle s’installe dans ce pouvoir qu’elle apprivoise.

Arrivés à l’appartement, le silence est épais. Chargé.

Alessandro annonce qu’il doit faire son sac, file dans sa chambre.

Christelle dit qu’elle va se rafraîchir. Elle disparaît dans la salle de bain.

Je la rejoins.

Elle s’asperge le visage, la nuque. Sa robe est trempée par endroits, fine comme une seconde peau. Ses seins dessinent deux pointes nettes sous le tissu collé. Elle ne bouge pas. Elle me laisse la regarder.

— Tu veux me raconter ?

Un sourire en coin. Puis, tout bas :

 — Il avait le goût du risque.

Elle m’embrasse. Ce n’est pas un baiser tendre. C’est un baiser qui me met à ma place.

Je sens lui, sur ses lèvres. Et l’effet que ça me fait n’est pas de la jalousie.

C’est autre chose. Plus paradoxal. Plus profond.

Nous préparons nos affaires dans une atmosphère lourde. Personne ne parle vraiment.

Mais chaque geste est une caresse déguisée. Chaque passage dans le couloir est l’occasion d’un frôlement de hanche, d’un effleurement de main, d’un contact qui dure un peu trop longtemps.

Quand Alessandro s’approche de Christelle pour lui tendre un sac, leurs doigts se frôlent. Leur regard se tient. Il ne détourne pas les yeux.

Je suis là. Je regarde. Je ne dis rien. Et je bande à nouveau. Sur le palier, le soleil commence à décliner.

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