Les carnets du Piémont - 2.
- Oliver Twisted

- il y a 5 jours
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Nous nous retrouvons tous les trois autour du petit déjeuner.
Café fort, fruits frais, silences complices.
Personne ne fait allusion à ce qui s’est passé à l’aube. Et pourtant… les regards parlent à notre place.
Quelque chose a glissé, s’est déplacé. Une frontière, une pudeur.
L’ambiance est légère, presque rieuse, mais une tension sous-jacente vibre entre les sourires. Une énergie nouvelle, à peine domestiquée.
Alessandro, avec cette élégance toute italienne, nous annonce qu’un couple d’amis lui prête leur villa sur les hauteurs de la ville pour le week-end.
Un endroit isolé, avec une piscine, des volets verts, des draps qui sentent le pin et l’ombre.
« On y sera mieux que dans ce four, non ? » plaisante-t-il en remplissant les verres d’eau glacée.
Je lance un regard vers Christelle.
Elle me répond par un sourire que je connais trop bien.
Sous ses airs sages, ce sourire-là dit tout : oui, je me souviens de ce matin. Oui, j’ai aimé. Oui, j’ai envie que ça continue.
La température du thermomètre, peut-être, redescendra un peu. Mais pas celle de nos corps. Pas celle de nos pensées.
Avant de prendre la route pour la villa, nous proposons à Alessandro de nous accompagner faire un peu de shopping. Une virée à l’italienne, oisive et légère, dans les rues de la ville encore tièdes de la veille.
Il accepte avec plaisir.
L’humeur de notre trio est toujours aussi joueuse. Rieuse. Chargée, à peine.
Christelle s’amuse à essayer des tenues plus… audacieuses qu’à l’accoutumée.
Des coupes plus échancrées, des tissus plus fins, plus transparents.
Chaque fois, elle sort de la cabine et vient chercher notre avis.
Enfin… surtout celui d’Alessandro.
Il joue le jeu, évidemment. Séducteur, mais subtilement. Jamais trop. Toujours juste assez. Un compliment au creux d’un sourire, un regard qui glisse sur les courbes qu’il découvre sans vraiment faire semblant de détourner les yeux.
Personne n’est dupe.
Ni lui, ni elle, ni moi.
On s’apprivoise à trois. Lentement.
Quand l’occasion se présente, je la rejoins dans une cabine.
Je pose mes mains sur elle. Ses seins, son ventre, l’intérieur de ses cuisses.
Elle est réactive.
Ses sens sont déjà en tension. Prêts à lâcher.
Puis vient l’essayage de lingerie. Une provocation pure. Inutile.
Elle le sait.
Un ensemble noir, fin comme un souffle.
Elle l’enfile, puis laisse le rideau de la cabine entrouvert. Juste ce qu’il faut.
Assez pour qu’Alessandro puisse voir. Trop pour que ce soit innocent.
Je le regarde.
Il regarde Christelle.
Et la bosse qui se forme à l’avant de son pantalon de lin parle pour lui.
Son désir est visible. Présent. Accepté.
Le nôtre aussi.
Et la journée ne fait que commencer.



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