Les carnets du Piémont - 4.
- Oliver Twisted

- 2 déc. 2025
- 2 min de lecture
Après les essayages, l’envie de faire durer le plaisir nous pousse à prolonger l’après-midi.
Alessandro nous emmène dans un petit bar, discret, à l’écart du centre. L’endroit est calme, presque désert.
Parfait.
Le serveur nous installe sur une banquette au fond de la salle. L’air est frais. Les cocktails arrivent rapidement.
Christelle, toujours dans l’une de ses nouvelles tenues, légère, presque indécente, s’assied entre nous deux.
Ses jambes nues frôlent les nôtres. Elle ne s’en excuse pas.
Nous parlons peu.
Nos regards se croisent plus que nos mots.
Alessandro semble détendu. Mais je vois, dans ses gestes mesurés, dans la manière dont il l’observe, que son désir est là.
Présent. Tendu. Et partagé.
Christelle se lève.
Elle annonce qu’elle va aux toilettes, d’un ton presque innocent.
Elle s’éloigne lentement, sa robe glissant contre ses cuisses, ondulant comme une invitation.
Le silence s’installe dès qu’elle disparaît dans le couloir.
Je ne dis rien.
Alessandro fixe un point invisible devant lui.
Je le regarde, puis, posément :
— Tu peux aller voir si elle a besoin d’aide.
Il me fixe, surpris. Il attend peut-être que je retire mes mots.
Je ne dis rien. Je bois une gorgée.
Il comprend. Il se lève. S’éloigne sans un mot.
Je reste seul.
Je l’imagine la retrouver dans ce petit espace étroit, dans cette lumière d’arrière-salle. Je les imagine ne pas résister.
Le temps s’étire. Deux, peut-être trois minutes.
Puis elle revient. D’abord elle. Un peu décoiffée, les joues rosées, et cette lueur trouble dans les yeux.
Elle passe sa langue sur ses lèvres. Juste un instant. Je remarque ce qu’elle n’essuie pas.
Puis Alessandro réapparaît à son tour.
Un peu plus lent, la chemise froissée, le regard encore chargé.
Il évite celui de Christelle. Mais pas le mien.
Il ne s’excuse pas. Il ne s’explique pas.
Et il n’en a pas besoin.
Je souris.
Nous réglons l’addition.
Nous quittons le bar sous une lumière dorée. La ville semble avoir ralenti. Nous aussi. Mais ce n’est qu’en surface.
La chaleur a baissé dehors. Pas entre nous.
Sur le chemin du retour, ils marchent devant moi. Elle rit. Lui aussi. Leurs bras s’effleurent. Quelque chose a été franchi. Pas dit, pas expliqué. Mais vécu.
Et la villa ne nous attend pas encore. Mais elle promet.



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