top of page
  • Photo du rédacteurElleM

Cuisine


La nuit tombe à peine. Le jour pénètre encore la pièce. La lumière naturelle suffit à éclairer la cuisine, le plan de travail, mes bouquins ouverts, ce que je fais. Je lis, bois un verre et grignote de temps à autre ce que je suis en train de préparer. Je cuisine. J’aime ce mélange, être à plusieurs choses en cuisinant, il éveille mes sens et m’ouvre…. à toi.

À cette heure-ci, il fait encore chaud, les fenêtres ouvertes mêlent les notes de verdure aux effluves sucré-salés de la cuisine. La chaleur extérieure et le silence environnant emplissent la pièce. Autour, tout est calme. La maison est isolée du monde et du vacarme citadin. Ici, je pourrais crier que personne ne m’entendrait.


L’air tiède se love autour de mes jambes quasi-nues, mes épaules, mes bras éclaboussés, mes mains mouillées. Mes cheveux relevés dévoilent ma nuque. J’aime la promesse d’y sentir ton souffle humide, ta langue…. La brise légère caresse par moments mes poignets, ma colonne, mon décolleté, et me fait frissonner comme tu le ferais.

Je bois et déguste mon cocktail, je joue avec les glaçons fondus…. Je pense à toi.

Je sais que tu seras bientôt là. Je me sens soudain si passive, lascive. Ne pas lâcher des yeux les cuissons, la découpe des légumes, le dressage des assiettes… Je reviens à moi. Penser à toi, c’est me sentir déjà objet. Je veux être le meilleur des objets sexuels pour toi : celui que tu n’as jamais eu. Mes escarpins trop hauts me le rappellent. Ceux-là, jamais je ne les mets si ce n’est pas pour toi. La contrainte qu’ils exercent sur mes chevilles ne cesse de m’indiquer que les porter c’est déjà t’appartenir.

J’ai tellement envie de te faire bander, que je suis déjà mouillée.

Mes Dim-up sont si insoupçonnables… ils sont largement recouverts par ma jupe longue, sage, mais peu innocente. Cette jupe est fendue et peut s’ouvrir jusque sous ma hanche, si je le veux. Ce soir, je le veux. On pourrait presque apercevoir, au moindre mouvement, la jarretière de dentelle qui épouse le haut de mes cuisses. En haut, seul un bandeau moulant couvre mon buste et plaque ma poitrine dénudée. Serre-les, presse-les plus fort. Il suffirait de tirer à peine sur mon top, pour faire jaillir mes seins déjà tendus.

Le bruit de clefs, tes pas, tes affaires qui se déposent dans l’entrée… Tu pénètres la pièce. Je sais que tu es derrière moi, je sens ton parfum. Je jette un œil vers toi et te fais un signe rapide. Te regarder, c’est te demander. Je me l’interdis. Je savoure la cyprine qui est en train de coller mon string entre mes cuisses. Il te suffirait de le décaler d’un de tes doigts, pour y glisser sans peine.

Toujours occupée, je cherche à percevoir tes intentions silencieuses, à sentir ton regard, l’ombre de ton empreinte sur moi. Tu t’approches et t’installes au bar, près du plan de travail.

Tu m’interromps. Oui, je te sers quelque chose à boire.

Tu me trouves sérieuse ? imperturbable ? appliquée et tranquille ? Si tu savais… Si tu savais à quel point je pourrais être serviable ce soir… Arrache-moi à ce que je fais. Baise-moi sur la table, assise face à toi, les cuisses largement ouvertes, les seins offerts…

Les glaçons ? Oui, j’oubliais ; Je te les tends.

J’aime l’abondance qui revêt le plan de travail : celle de la cuisine en train de se faire, d’être goûtée, lue, inventée. Rien n’y est organisé, ni pensé. Telle que je suis, je ne peux plus penser : tu es là, trop près. Je veux être à toi. Dans ce bordel, je veux être la tienne… celle que tu veux. Sers-toi.

Je me concentre à nouveau sur ce que je fais. Je reviens à moi.

Mon regard vient de croiser le tien : le pouvoir que je te prête m’électrise. Je m’imagine jouir et disparaître sous l’ardeur de tes coups de reins. Tu pourrais me réduire à néant, alors que tu es là, tranquille, en train de déguster ton verre frais.

Je ne te demanderai rien, pas même en le suggérant avec l’ouverture de ma jupe, le jeu innocent de mes doigts et de ma langue qui pourraient goûter à tout. Mes yeux baissés te le disent : avant même que tu ne me touches, je suis déjà à toi : un objet qui ne veut rien, ne sait plus rien faire d’autre que d’être bon à te recevoir, à t’appartenir.

Tu me manques à être si près de moi, approche-moi…

61 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Perles...

Son collier de cuir noir, signe de sa dévotion, lui allait à merveille.

Cet automne...

Sitôt entrée, j’ôtais mes habits comme s’ils me brûlaient, enfilais une chemise de nuit, me jetais sur mon lit et ouvrais mon livre.

Commentaires


bottom of page