Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 6. Vincent
- Bleue

- il y a 8 heures
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Elle
Enfin ! Un des premiers avec qui je papotais va enfin se pointer à la maison. « Toutes les conditions pour un orgasme parfait » ne sont pas réunies, c’est vrai : le mari ne va pas tarder à rentrer.
J’ai rêvé si longtemps d’un corps juvénile et fragile. Enfin, c’est l’idée que j’avais de lui. Ce serait peut-être différent, au fond.
Il est, bien sûr, jeune. Mais pas trop. Je sais que je n’aurai pas affaire à un puceau ou à un inexpérimenté. Ce qu’il m’a raconté, c’est plutôt le contraire. Un appétit pour le sexe à toute épreuve. Une faim insatiable. Il devrait me dérider et sans doute me convenir.
Et puis, il serait le premier dans « la vie réelle ». J’étais impatiente et anxieuse à la fois, un peu comme quand on va être sur scène : on est certain d’avoir pas mal bossé pour le concert en question, mais on n’a aucune idée du public qui sera présent ni si la voix et les doigts vont tenir à ce moment-là…
Alors, c’était la grande aventure, le saut dans le vide, la boite de Pandore qui s’ouvre et qu’on ne pourra sans doute plus refermer.
Vincent
Elle lui ouvrit la porte… Il était vraiment comme elle se l’était imaginé. Elle pensa : c’est celui qui va faire de moi une femme infidèle en réel… Elle était contente que ce soit avec lui parce qu’il lui plaisait effectivement. Il avait un air sûr de lui, un grand sourire, des petites rides aux coins des yeux. Il était adorable et elle sut qu’elle avait envie de lui, qu’il la prenne vite, très vite…
Ils papotèrent un peu et puis…
— Tu permets ? dit l’homme
Il avait déjà approché la main de sa poitrine. Il y avait longtemps que pareille chose ne s’était plus produite avec son mari. Il était au courant qu’elle n’appréciait pas vraiment cette caresse. Maudits complexes. Elle eut un petit geste de « non, pas encore ».
— Tu veux pas ?
Elle n’avait pas à cœur de résister : c’était juste un réflexe…
— Attends, t’es bien pressé…
— Tu trouves ? répliqua-t-il en plongeant ses prunelles dans celles de sa complice. C’est toi qui décides… Je peux peut-être…
— Oui ?
— T’embrasser ?
— Oui, répondit-elle les yeux brillants.
Avec douceur, tant de douceur, il prit son visage entre ses mains et commença par déposer des baisers sur ses lèvres. Sa bouche était chaude, mais… fraîche. Difficile à expliquer. Exigeante, mais très tendre, pas invasive. Calme et tranquille. La langue de l’homme cherchait à s’insinuer dans cette bouche accueillante. Ses bras serraient sa partenaire avec force, mais sans brusquerie. Elle se sentait bien, si bien.
— Là, je peux ?
Il avait posé sa main entre les cuisses de sa complice…
— Alors comme ça, c’est la première fois que ça se passe dans le réel pour toi ?
Il semblait étonné. Quoi, était-ce si étrange que cette femme dans la cinquantaine n’ait jamais donné de coup de canif au contrat marital ? Il recommença de l’embrasser en remontant sa petite jupe blanche fleurie. Il allait atteindre son entrejambe. Elle haletait. Elle devait se dire que c’était trop beau. Une histoire de baise avec quelqu’un de cet âge-là…
Elle se laissa aller contre lui… et étonnamment, se mit à pleurer.
— Ça ne va pas ?
— Si, ça va… Tu sais, c’est si émouvant…
— Quoi ?
— Ben, d’être avec quelqu’un d’autre que mon mari, tiens. En virtuel, c’est différent…
— Jusqu’où t’as envie d’aller ?
— Jusqu’au bout.
— T’es décidée.
— Oui, je suis décidée.
Alors, il remonta la petite jupe plus haut encore, juste au-dessus de sa taille.
— Je peux te caresser là, maintenant ? murmura-t-il sans la regarder
— Oui…
Ce oui, il sortit de sa gorge avec force. Il y avait de l’assurance comme si elle voulait se convaincre elle-même de la chose. Lui, il approcha une main de son sein gauche. Il avait les yeux fermés, comme en extase de pouvoir lui toucher cette partie de l’anatomie féminine.
— Tu me laisses faire ? Vraiment ?
— Oui…
Il allait faire doucement, il ne fallait en aucun cas brusquer les événements. Elle semblait tellement chavirée qu’elle n’en profiterait pas et lui non plus s’il y mettait trop de feu.
Avec précautions, même elle n’était pas en sucre, il la fit se coucher dans le grand canapé de sa pièce à vivre après l’avoir embrassée et serrée dans ses bras. Elle s’était arrêtée de pleurer. C’était déjà ça.
— Tes jambes, d’abord, OK ?
— L’intérieur ? Tu veux que je les écarte un peu ?
Voilà, c’était gagné. Si elle lui proposait certaines choses, il suffirait qu’il la laisse faire. Il y aurait bien un moment où elle s’enhardirait, il en était certain. Elle avait déjà fait l’amour si souvent en ligne qu’elle ne devait pas être si rouillée que cela. Elle savait comment prendre du plaisir et lui, il allait être son instrument.
Délicatement, il lui écarta les cuisses. Elle portait toujours son string. Ses doigts étaient à présent contre la lisière du sous-vêtement. Elle se tortillait.
— Entre…
— Contre ta peau ou en toi ?
— D’abord contre ma peau…
Comme son pubis était lisse. Juste un peu de poils autour de sa fente. Ses lèvres étaient épilées, il le sentait. Et le désir les gonflait déjà. Elle mouillait aussi. Les choses allaient être faciles, à présent, il en était certain.
Le majeur de l’homme entra très aisément dans son intimité chaude et avide de lui. Elle avait envie de s’accrocher à son cou, à son corps. De se laisser bercer. Son corps à lui était accueillant. Il était doux, si doux.
Et ils firent l’amour, avec calme d’abord. C’était surtout lui qui la caressait, qui s’occupait de chaque petite partie réactive d’elle : ses tétons, ses fesses, son ventre, son cou. Les zones sensibles furent choyées avec adresse et volupté. Ils ne parlèrent pas énormément ni l’un ni l’autre. Il profitait de ce corps un peu en chair et le trouvait confortable. Elle se gavait de ses doigts et de cette bouche magiques.
Finalement, il la déshabilla entièrement. Sans heurt, et pratiquement, sans qu’elle s’en rende compte. Il lui ôtait un vêtement et suivait une profusion de petits baisers. Il était très tendre et maître de lui au plus haut point. En voyant sa partenaire réagir de manière aussi ardente, il aurait pu ne plus freiner ses élans et devenir un peu brutal. Mais non, il chérissait ces moments délicats et très sensuels.
— Tu es bien ? lui demanda-t-il.
Elle le regarda, les yeux pleins de larmes.
— Oh oui, que je suis bien. Ça me détend, tes baisers et tes caresses. Mais c’est excitant en même temps. Tu es parfait…
Il lui sourit : il se rendait compte, oui, qu’il lui faisait un sacré effet. Bien sûr, il savait qu’il ne pourrait jamais prendre la place de celui qu’elle aimait depuis toutes ces années dans son cœur à elle. Par contre, ces moments de plaisir, il était bien conscient qu’il était le premier à lui en offrir depuis longtemps et en était très honoré. Il la gava de lui et elle en profita… comme il se doit !
Elle
Combien j’ai aimé notre rendez-vous avec ce cher monsieur. Mais quelles émotions !
D’abord, me retrouver réellement face à ce jeune homme avec qui je me sentais bien virtuellement, c’était déjà très troublant. Ensuite, être nue sous ses doigts et belle dans ses yeux, ça m’a fait un bien fou. Je n’avais jamais imaginé que je pourrais faire un tel effet à quelqu’un de son âge et ça m’a rassurée. Cela faisait des lustres que je ne m’étais pas sentie aussi admirée et aussi gâtée. C’était agréable, si agréable.
Je ne sais pas si on va se revoir. Lui, il est plutôt dans les plans coquins de candaulisme. Il plait aux femmes plus âgées… Pas étonnant : il est si mignon que… n’importe quelle femme aurait envie de passer du temps au lit avec lui. Et puis, s’exhiber ne le dérange pas. Ça, je l’ai bien remarqué. D’ailleurs, il lui est arrivé de me proposer de m’envoyer des photos osées de lui, ce que j’ai refusé. Je préfère ne pas mélanger les relations uniquement virtuelles et les autres… Visiblement, il a compris. C’est déjà ça. Et puis, je ne lui en ai pas parlé, mais moi, je n’avais pas envie de lui montrer quoi que ce soit comme « morceau » de moi… La pudeur, toujours la pudeur.
Enfin, notre rencontre m’a boostée. Et ça, c’est un fameux pas en avant.



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