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- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 9.2 Greg
Ils n’avaient pas encore fini de souper. Cependant, il se leva, la rejoignit, se pencha vers elle et l’embrassa. Leurs lèvres avaient un petit goût de vin et de citronnelle… Sagement, il retourna à sa place, s’assit sans rien dire et… — On ne va pas prendre de dessert, tu veux ? Il l’observa, intrigué. Elle continua. — Non, pas de dessert, ni de café. Juste le pousse. À mon avis, ce sera un amaretto… Et puis, on ira ailleurs. — Peu importe où ? — Du moment qu’on peut se regarder et se frotter l’un à l’autre… Qu’est-ce que tu en penses ? — OK, ça roule… Et c’est de cette manière que les choses commencèrent vraiment… Elle Comme il me plait… Oui, les choses ont démarré de manière très gentille, très respectueuse. Je n’avais aucune idée de la raison de ce calme : avait-il peur de moi ? Se souvenait-il du fait que j’avais clairement dit ne pas vouloir me précipiter ? était-il lui-même prudent ? Notre souper a été écourté : pas de dessert, ni de café ou de thé. Il a demandé l’addition, est allé la régler avec le bancontact, m’a remis ma veste sur le dos en laissant traîner la main tendrement dans le creux juste au-dessus des fesses. Je n’allais plus pouvoir tenir bien longtemps, j’en étais certaine. Il fallait que ça se passe vite. Nous étions à peine sortis de l’endroit que nous nous sommes embrassé passionnément. C’était étrange… Il y avait des lustres que je ne m’étais pas sentie aussi morte de faim. Il était presque vingt-deux heures et j’avais dit à mon mari que je rentrerais sans doute vers vingt-trois. Je lui téléphonai pour lui demander la permission de minuit. « Tu vois, on n’est pas à Namur et le temps de terminer de souper et puis de revenir… ». « On te reconduit, j’espère ? » articula-t-il d’une voix ensommeillée. « Oui oui, le frère de ma copine fera un crochet par la maison », inventai-je… Ça, c’était pour le cas où il aurait l’idée de sortir de notre chez-nous à mon arrivée… — Voilà… dis-je, très contente de la manière dont j’avais pu m’arranger pour avoir une bonne heure de rabe. — On a combien de temps, alors ? cligna mon complice. — Attends, je calcule… Un petit quart d’heure jusque chez moi, au retour. T’as un plan pour… ? J’avais laissé la phrase en suspens. Je ne savais pas ce qu’il avait en tête réellement. Je me disais que son histoire de préliminaires était bien tentante, mais était-ce vraiment ce qu’il souhaitait ? — Bien sûr que j’ai un plan. C’est d’ailleurs à moins d’un quart d’heure d’ici. — Alors, je reprends mes calculs. On va compter une petite demi-heure pour les trajets… Il m’interrompit — Oui, je pense que c’est bon… — Et puis, le temps de prendre une douche ou de se rafraîchir, on va dire une demi-heure de plus. — Il nous reste une heure… Wahouuuuu… On rit. On était heureux. Tout semblait si simple… Se sentir en connexion de cette manière, c’était parfait. Et puis, je passe les détails, mais… la suite était parfaite aussi. Cet homme est vraiment galant. Quoique je pense que la galanterie n’a rien à voir dans l’histoire. Il m’a déshabillée sans prendre beaucoup de précautions. J’ai juste défait la tirette de ma jupe et les agrafes de mon soutien-gorge. Il s’est chargé du reste avec détermination. Ses doigts couraient contre mes flancs. Ah oui, j’oubliais. J’ai aussi retiré mes collants. Pendant que je les faisais descendre, il passait les paumes de ses mains sur l’intérieur de mes cuisses. Il écartait à peine mes jambes. C’était très agréable. Je me suis retrouvée nue plus vite qu’il ne le faut pour le dire. Il s’est couché à côté de moi, toujours habillé. Moi, j’avais bien envie qu’il soit nu aussi. J’avais envie le regarder, encore le regarder. J’aime ça, repérer les signes d’excitation d’un homme. Mais s’il voulait garder ce sous-vêtement qui couvrait son bas-ventre… j’étais d’accord, bien sûr. D’ailleurs, c’est ce je lui ai dit. Il a souri. Les boutons de sa chemise étaient défaits, dessous, il portait un T-shirt écru. Son jeans semblait serré à l’entrejambe. — Tu peux te mettre plus à l’aise… Oui ? lui demandai-je. Son visage s’est éclairé et il me répondit qu’il le faisait immédiatement, que j’aurais enfin l’occasion de voir combien il bandait… — Oui, t’es chaud, je le sais… Je peux m’occuper de toi ? — On va le faire chacun à notre tour, si t’es d’accord… Bien sûr que je l’étais. Et on a alterné. Mes doigts le masturbant, les siens me pénétrant. Ma bouche le gobant, la sienne me mordillant un sein et puis l’autre. Lui glissant en moi et moi me serrant autour de son sexe. Lui me léchant à nouveau et moi pareil… On a joui et joui encore et je me sentais enfin repue. Il a bien fallu qu’on aille prendre une douche après tous ces ébats. On laissa couler l’eau sur nos corps toujours ardents et quelques minutes plus tard, après plusieurs étreintes, on se sécha l’un l’autre, histoire d’encore pouvoir éprouver cette chaleur qui nous brûlait autant dedans que dehors. Je jetai un coup d’œil à ma montre : il était presque vingt-trois heures trente. Il était réellement temps de nous remettre en route… Le trajet jusque chez moi me parut très court. J’avais envie de l’embrasser à chaque tournant… Et lui, il avait toujours les yeux brillants. — Alors, ce souper ? me demanda mon mari quand je me retrouvai dans le salon… — Et bien, c’était chouette, vraiment chouette… D’ailleurs, on a convenu de se refaire une petite sortie dans peu de temps. Ma copine me dira quand elle est dispo. C’est OK ? Un sourire coquin qu’il ne remarqua pas parce qu’il n’était pas bien réveillé flottait sur mon visage. Je me sentais bien. S’il n’avait pas été aussi endormi, j’aurais bien remis le couvert…
- Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - prologue
Elle Si on m’avait dit que c’était là que je le retrouverais… D’abord, je vous fais un pitch de ma vie. J’ai une bonne cinquantaine d’années. Je suis mariée et maman de trois jeunes adultes. Deux fils et mon Élisabeth… Je suis grand-mère, aussi, de trois petites-filles mignonnes comme des cœurs, intelligentes, craquantes. Enfin, parfaites ! Je bosse dans une école. Mes passions sont l’écriture et la musique. Un peu en désespoir, un jour, je me suis inscrite sur un site de rencontres. La lassitude, sans doute, au sein du couple. Un peu de piment ne me ferait pas de tort. Et puis, et surtout, j’avais envie de… tomber amoureuse. Vous allez peut-être trouver cela étrange. Il faut vous dire que depuis des années, presque treize, je suis éprise. Mais pourquoi, me demanderez-vous, chercher l’amour sur un tel site, alors ? Parce que depuis tout ce temps, il n’en a rien à foutre de moi. Il me nie la gueule, ou est carrément désagréable et hautain. Bref, je suis en manque. En manque de passion, de corps jeunes et frais (j’ai oublié de vous dire qu’il est bien plus jeune que moi), d’ardeur au lit. En somme, je voulais du neuf… Donc, j’ai réfléchi très « raisonnablement » à ce que j’allais écrire comme description. Il y en a qui parviennent à se vendre. D’autres, ça, c’est mon cas, qui hésitent longtemps, ne savent pas trop comment s’y prendre, tergiversent. Si à ce moment-là, vous étiez venus voir mon profil, messieurs, vous auriez pu lire que j’aimais les mots et la musique. Un peu maigre, vous avez raison. Mais bon, visiblement, cela attirait tout de même. Pas de photo publique. Je trouvais dommage d’être réduite à une « image » : j’avais l’idée très arrêtée que celui qui me conviendrait devrait d’abord me séduire avec ses discours. J’avais quand même posté une photo de moi sur laquelle je souriais. Seuls ceux qui m’intéressaient pourraient la voir… J’étais sur le site depuis un peu plus de six mois et… « il » vint regarder mon profil… Lui, avec un grand L. Les caractéristiques qu’il donnait de lui ressemblaient à ce que mon amoureux aurait pu indiquer comme renseignements. Son portrait, parce que lui, il avait osé montrer sa tête, aurait pu passer pour une photo de ce monsieur qui squattait ma tête, mon corps et mon cœur. Jusqu’à ce qu’il racontait sur son profil : qu’il ne savait pas ce qu’il cherchait, qu’il aimait les découvertes. En somme, un clone de celui que je connaissais et adulais depuis toutes ces années. Je lui avais envoyé un message très sage dans lequel je lui disais que lorsqu’il reviendrait sur le site, cela m’aurait fait plaisir d’échanger avec lui en lui rappelant tout de même que s’il n’était pas venu regarder ma description, je ne l’aurais pas trouvé. C’est vrai : je ne suis pas une chasseuse. Mis à part avec deux ou trois messieurs, je m’empêchais de prendre contact avec qui que ce soit. Cela avait marché une fois. Une autre, ma proie m’avait blacklistée sans avoir même pris la peine de me parler… Donc, ce soir-là, il vint me parler… Enfin non, plutôt, il me dit bonsoir et on en resta pratiquement là. Moi, j’avais une répète avec ma petite troupe de théâtre et impossible de m’attarder… On papota un autre soir et les choses avaient l’air bien engagées. Et puis, le silence… les silences… Lui L’ennui toujours l’ennui. Et puis, un de mes potes me conseilla de m’inscrire sur le site. « Tu verras, y a des meufs à la pelle, là. Tu fais ton choix. Bien sûr, tu paies. Mais bon, pour te trouver quelqu’un… Pas obligé de communiquer non plus. Tu peux te connecter et observer. Et si quelqu’un te plait, et bien, tu t’obstines un peu sur son profil. Il y a bien un moment où elle lâchera. Et puis, t’es pas laid… Alors, pourquoi pas : fonce. » Avec cette prose, j’étais plutôt reboosté. Ma libido était remontée en flèche. J’avais des soucis au boulot et cela allait m’aider à sortir la tête hors de l’eau, me donner confiance en moi alors que j’avais toujours le sentiment de ne pas en avoir assez. Me changer les idées aussi. Dans mon couple, mais, pouvait-on encore parler de couple, c’était pas la joie. Ma copine traversait une crise existentielle. Normal : une psy… ça se torture les neurones. Impossible pour elle de ne pas avoir constamment l’esprit en alerte. Pour les autres, OK, mais pour nous, ça devenait invivable. Je tâchais de ne pas lui poser trop de questions. De toute manière, je suis d’un naturel taiseux. Mais je savais qu’elle ne se livrait pas vraiment non plus. Alors, ma description se limitait à une histoire de recherche et d’ouverture à de nouvelles expériences. C’était un peu maigre, mais au moins, cela me permettrait de laisser venir. Je ne parlais pas du fait que j’étais presque célibataire. De toute manière, j’avais pas besoin d’une véritable aventure. Simplement, tirer mon coup. Inutile de s’embarrasser d’une bonne femme qui vous raconte qu’elle cherche le grand amour, juste quelqu’un pour le cul. Bien sûr, j’allais pas m’embarquer dans une histoire sentimentale. Enfin, c’est ce que je pensais…
- La fille qui aimerait apprendre à son amant comment faire pour lui donner du plaisir avec sa… bouche…
Elle lui avait demandé si elle pouvait lui faire une proposition… La suite de leur échange aurait pu être : — Vous vous souvenez de l’exposé que vous m’aviez fait de votre verge ? Comment m’en occuper pour que vous ayez un maximum de plaisir ? Bien sûr, il devait s’en souvenir. Cela n’avait pas pris longtemps. Il lui avait montré comment tirer sur le prépuce, caresser – même si elle s’y prenait très bien en « tripotages » et le faisait jouir toujours de cette manière : une fellation et puis une masturbation rapide. Il avait parlé de ses bourses, aussi. À attraper délicatement et puis à presser. Ce qu’elle aurait aimé, c’est lui parler de sa bouche à lui. Quand il l’avait léchée, elle avait été très surprise. En cherchant bien, elle ne se rappelait pas qu’il se soit adonné à cette pratique depuis qu’ils se connaissaient. Elle voulait lui parler du plaisir qu’elle avait ressenti avec un de ses amants passés. Il l’avait pratiquement fait jouir uniquement avec sa bouche contre sa chatte. Coups de langue, suçotements, effleurements des lèvres… Ce midi-là, il avait débarqué, cet amant. Très simplement, très gentiment. Après quelques baisers plutôt appuyés, ils étaient montés dans la chambre d’amis. Elle ne se souvenait pas de comment ils s’étaient retrouvés nus, elle, la queue de l’homme en bouche, lui , la langue contre puis entre ses lèvres intimes. Elle s’était sentie soulevée par la jouissance… Longtemps, elle avait gardé le souvenir de ce plaisir entre ses jambes. Personne ne s’était jamais occupée d’elle de cette manière. Il fallait que son amant actuel prenne le relais, même s’il y avait des années entre cette rencontre et aujourd’hui. Elle voulait retrouver un orgasme aussi fabuleux. — Ne verriez-vous pas mal le fait que je vous… instruise ? Que je fasse de vous un parfait lécheur ? Il m’est arrivé de fantasmer à un homme dont j’aurais eu le visage entre les cuisses… Et si c’était vous ? Vous, la langue habile, les doigts précis… Elle ne voulait à aucun prix qu’il se sente maladroit, ou trop timoré, ou carrément incapable. Il accepta de bonne grâce. — Ne m’expliquez rien par ici, au chat. Nous aurons le temps lors de notre prochain rendez-vous. — Après mes vacances ? — Voilà. Vous tiendrez bien jusque là ? — Bien sûr… (à suivre)
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