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Songe ferroviaire

7 août
4 min de lecture

Comme tous les matins depuis quelques mois, Christelle avait le luxe d’aller travailler en train. Le luxe de se laisser porter pendant une heure.

Comme une porte entre deux mondes. Une routine douce. La gare, familière. Le train, confortable.

Et les gens que l’on croise à chaque fois. Que l’on connait sans les connaitre. Et certains qui trottent dans nos pensées puisque le silence est de mise dans les transports en commun.


Le voilà. Toujours la même allure tranquille. Toujours cette façon d’être à la fois là et ailleurs.

Pourquoi est-ce que je choisis son voisinage encore une fois ? Je sais très bien pourquoi. Une envie qui me surprend chaque matin un peu plus.

Est-ce qu’il comprend que je viens pour ça ? Que je le cherche ?


Aucun mot échangé. Pas besoin. Les regards suffisent. Christelle garde les jambes serrées, mais ses yeux le provoquent. Il a compris. Il accepte le défi.


Est-ce que je suis en train de jouer ? Oui. Complètement. Et j’adore ça. Cette tension douce et folle. Cette frontière ténue entre ce qui se voit et ce qui brûle.


Après quelques minutes, la main de ce spécimen d’homo ferroviairarius s’aventure. Christelle la repousse doucement, mais ses genoux s’entrouvrent. A peine. Invitation voilée.


Il me teste… Il attend ma réaction.

Je devrais rester immobile, mais mon corps parle plus vite que ma raison.

Mes cuisses… pourquoi est-ce qu’elles bougent toutes seules ? Pourquoi est-ce que j’ouvre un passage que je prétends refuser ?


L’audacieux renouvelle son doux assaut, plus insistant. La paume de sa main frôle la peau de Christelle, remonte sa jupe. Nouvelle résistance de façade.

Les cuisses de Christelle s’écartent davantage.


Je suis en train de perdre. Ou de gagner. Je ne sais plus. Je ne veux plus savoir.

Ce que je veux, c’est ce fil invisible entre nous, cette montée sous la peau, cet abandon subtilement offert.

Je respire trop fort. Il va l’entendre. Tant pis. Ou tant mieux.


Les doigts de ce garçon entreprenant s’avancent, hésitent, puis glissent vers l’intérieur. Christelle sent son corps se tendre. Elle lui offre un passage.

Les chaussures à talons de Christelle quittent ses pieds, elle étire ses pieds nus, monte sur la pointe avec lenteur, comme pour mieux sentir l’audace de l’intrus.


Tiens, mes mains glissent derrière moi… Je le fais sans y penser. Geste clair, geste fou. Je me rends.

C’est moi qui l’invite. C’est moi qui l’encourage.

Qui suis-je en train de devenir, là, dans ce train, au milieu de tous ces inconnus ? Une femme qui ose.

Une femme qui se laisse traverser par l’instant. Une femme vivante.


Déjà, une main se pose sur la culotte de Christelle. Cette main ne bouge pas. Elle reste là, au contact du tissu. Immobile alors qu’humidité et fibres de coton se mêlent.


Il insiste… J’aime cette chaleur qui me traverse tout entière…

L’effronté le comprend et s’autorise alors à glisser plus haut, à caresser, à explorer.

Christelle se cambre, écarte, offre.

Je sais ce que je suis en train de permettre. Un secret partagé. Une folie parfaitement silencieuse.


De son autre main, l’impudent soulève la jupe avec juste ce qu’il faut de prudence pour ne pas éveiller l’attention, révélant les cuisses de Christelle, ses jambes, son abandon.

Elle lui laisse deviner qu’il peut aller plus loin.

Le regard toujours fixé au sien, le coquin hésite un instant, puis descend sa culotte, lentement, comme un rituel.

Christelle accompagne son geste en soulevant les hanches. Quand le tissu tombe, que des doigts effleurent ses pieds nus, elle sent son excitation contre sa cuisse. Elle sent le plaisir de ce mec de la voir ainsi, offerte.


Aucun besoin de lui parler. Je sais ce que je m’offre et ce que je lui offre.


Les cuisses de Christelle s’ouvrent, l’invitent. Jusqu’à l’ultime ouverture.


Putain que c’est bon. Oui… Caresse… Presse…. Pénètre…


Le temps s’étire. Une lente jouissance de va-et-vient mesurés, cruels et délicieux.


Il doit sentir à quel point je suis proche du bord.

Je veux qu’il voie dans mes yeux que je le supplie de ne pas s’arrêter.

Je veux qu’il voie chaque seconde de ce que j’éprouve, même si je garde le visage presque immobile.

Je veux qu’il me voie jouir…


Les lèvres de Christelle s’entrouvrent à peine, mais ses yeux disent tout.

L’homme sait.

Quand il se lève, un vide soudain, presque douloureux, submerge Christelle.


Déjà ? Non… déjà. Il part.

Il part avec mon secret contre sa paume. Avec ce que je lui ai laissé. Avec ce que je ne reprendrai jamais.


— Au revoir, madame… à la prochaine fois, dit-il.

Son “à la prochaine fois” traverse Christelle comme une morsure. Une promesse. Son sourire tremble encore. Son corps aussi.

— Au plaisir, monsieur… et merci.


Et maintenant ?

Maintenant il me reste le silence du wagon, et le chaos délicieux qui pulse encore en moi.

Je vais arriver. Je vais marcher comme si de rien n’était. Mais je sais que je ne suis déjà plus tout à fait la même.


C’est sur cette pensée que sonne le téléphone de Christelle, la réveillant de ce songe dont elle gardera l’humidité une bonne partie de la journée.

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