Modèle vivant
- Rio Kurtz
- il y a 4 heures
- 4 min de lecture
Elle était strip-teaseuse et modèle vivant. Ses heures de pose aux Beaux-Arts ou pour des peintres divers, amélioraient son quotidien. Les écoles d'art regorgent de petites annonces.
Ce soir-là, elle avait rendez-vous chez l'un d'eux.
Elle ne le connaissait pas et s'était un peu renseignée auprès d'amies modèles. On lui avait dit : "il est un peu spécial, mais j'aime bien ce qu'il fait."
Le soir était venu.
- Bonsoir, je suis Marie-Reine. Modèle.
- Bonsoir, je suis Balthazar. Je vous remercie d'avoir accepté de venir si tard. Je ne travaille que la nuit.
- Je ne reste que deux heures. C'est quarante euros de l'heure. Tarif de nuit, cinquante.
- Tout à fait. Suivez-moi, nous allons commencer.
Dans le salon, il la pria de s'asseoir sur le canapé et lui servit une coupe de Champagne. Un air jazzy en fond sonore apportait une chaude ambiance.
Sur la large table basse, était posée une machine à écrire. Une Remington noire.
Marie-Reine sortait du cabaret où elle dansait nue. Elle était encore outrageusement maquillée, et marqua un moment d'étonnement :
- Vous avez un atelier pour peindre ?
- C'est ici mon atelier.
Il n'y avait ni chevalet, ni tubes de peinture, ni pinceaux.
- Ici ? Mais vous peignez avec quoi ?
- Je ne peins pas.
Elle se demanda si elle n'était pas tombée sur un détraqué. Il l'avait reçue en robe de chambre.
- Qu'est-ce que vous faites alors ?
- Eh bien, j'écris.
Il y eut un silence.
Balthazar savoura cet instant. Il lisait dans les yeux de Marie-Reine. La machine à écrire à portée de main, il se mit à taper sur quelques touches.
- Bon, mais qu'est-ce que je suis sensée faire moi ? Demanda la jeune femme intriguée.
- Vous allez poser pour moi. J'ai besoin d'inspiration. Déshabillez-vous.
Elle avait l'habitude de poser nue. Cela ne la gênait aucunement et elle s'exécuta.
Elle était assise en face de lui. L'homme l'observait, comme un peintre détaille son modèle. Mais il ne faisait qu'écrire.
Il prenait des notes.
En ces instants, Marie-Reine se sentait regardée passionément. Pourtant, son activité de modèle vivant l'avait rendue insensible au regard des autres. Là, elle se voyait belle différemment dans celui de l'artiste.
- Si je comprends bien, je suis votre muse, dit-elle en souriant. C'est quoi votre style ? Poétique ? Romantique ? Érotique ?
Il ne répondit pas. Il était concentré sur son écriture.
Après avoir vidé sa coupe de Champagne, elle décida de jouer le jeu.
Elle se mit à danser lascivement. Liane sensuelle qui ondulait des hanches, caressait sa poitrine. Passait une main dans ses cheveux noirs, l'autre sur son sexe excité, la musique ambiante se prêtant parfaitement à la situation.
Balthazar semblait inspiré. Le tac-tac des touches s'enchaînait de plus belle. Il transpirait légèrement. Marie-Reine grimpa sur la table basse et, debout, cuisses écartées, tortillait du bassin de façon provocante.
L'homme la regardait. Il avait une vue magnifique sur la chatte mouillée... Ses yeux remontaient jusqu'aux seins aux pointes étirées... Il restait quelques secondes immobile et soudain se mettait à écrire. Les claquements de la machine s'invitaient et rythmaient la danse impudique qui se déroulait sous ses yeux.
Elle s'accroupit, cuisses écartées. Le sexe de la jeune femme se trouva juste en face du visage de Balthazar, au-dessus de la machine, là où les touches viennent frapper le papier.
Chaque lettre, avant de s'imprimer, effleurait le clitoris sorti de son nid. Marie-Reine jouait de son bassin qu'elle portait souvent à la rencontre des touches.
Balthazar était pris d'une frénésie redoutable... Il épelait certains mots à haute voix :
- C. U. L, clamait-il .
Quelques cliquetis plus tard :
- A. M. O. U. R.
La femme gémissait, elle articula :
- L. E. C. H. E - M. O. I.
Il commença à écrire mais s'interrompit au premier mot. Il agrippa les fesses de la belle, la tira à lui et plaqua sa bouche entre ses cuisses.
Assise sur les touches, elle tenait la tête de Balthazar tout contre son sexe, le guidant fébrilement. Lui, léchait cette infinie douceur avec application...
Elle ne tarda pas à jouir dans une longue expiration teintée de râle, tremblante de plaisir...
L'homme ne voulait pas s'arrêter là.
Il saisit la femme par les hanches et la plaça à quatre pattes sur la table. Cul offert.
Contre toute attente, il éclata de rire.
Sur les fesses de Marie-Reine, étaient imprimées, de façon peu académique, des lettres noires... entremêlées, sans aucun sens.
Il ne pouvait s'empêcher de rire.
La jeune femme tourna la tête :
- Qu'est-ce qui vous prend ?
- Excusez-moi, hoqueta l'artiste, ce sont vos fesses...
- Quoi mes fesses ?
- Elles sont très belles, ce n'est pas la question...
- Alors quoi ?
- Elles ont "imprimé" nos ébats...
La femme éclata de rire.
- Décidément, vous ne faites rien comme tout le monde !... et puis on dirait que vous avez un petit coup de mou. Laissez-moi faire.
Et elle se plaça entre ses jambes, agenouillée et nue.
En repartant, au petit matin, dans le premier métro, elle était pensive :
- Quand je vais raconter ça au beau Rio... je suis sûre qu'il en fera une belle histoire... de cul.

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