Chaque pomme est une fleur qui a connu l'amour - 11. Confidences
- Bleue

- il y a 1 jour
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Eux
C’était la troisième fois qu’ils se connectaient sur Skype : l’écolage de Brad continuait gentiment. Elle se demandait si, un jour ou l’autre, ils iraient plus loin, comme l’homme l’espérait, il jouirait en ligne, que ce soit « grâce » à elle ou à une autre.
Elle s’était connectée juste après qu’il lui ait dit bonjour via le site de rencontres.
— Bonjour, cher professeur !
— Oh, mais non : tu es en train de me rattraper, question virtualité. Tu fais mieux que te débrouiller, tu sais.
— On peut poursuivre aujourd’hui ?
— Par quoi ?
— De la pratique, tiens !
— Tu ne préférerais pas quelqu’un d’autre, de ton âge, je veux dire…
— J’ai peur que ça tourne mal.
— Ah ? Mais pourquoi ça arriverait ? Et puis, qu’est-ce que tu appelles « mal tourner » ?
— Ben, que je ne prenne pas mon pied, ou qu’elle me remballe, tu vois ?
— Et bien, lance-toi… Par quoi tu penses devoir commencer ? Tu es… chaud ?
— Un peu…
— Un peu comment ? Tu veux qu’on branche les micros ?
— Oui.
L’avertissement sonore que quelqu’un vous appelle et… elle décrocha immédiatement. Les webcams n’étaient pas allumées, juste le son. Elle entendit le bruit d’un fauteuil qui roule un peu.
— Tout va bien ? murmura-t-elle, un brin inquiète.
— Oui oui, je prenais un peu de distance par rapport au clavier, dit-il, rassurant.
— Pour te mettre à l’aise ?
— Oui, voilà, c’est ça…
À nouveau ses pensées profondes : ne pas se presser. Et surtout, ne pas oublier qu’il était son élève même si, dans son corps, ça pulsait autrement. Si elle avait eu affaire à quelqu’un d’autre, la situation aurait été plus facile, moins ambiguë. Elle aurait foncé. Mais ici, où était la limite ? À partir de quand devrait-elle le considérer comme un amant potentiel et mettre le paquet ? Peut-être ne devrait-elle pas envisager les choses de cette façon. Se dire qu’il serait toujours son « disciple ». C’était un peu drôle de penser ça : ça faisait biblique, mais… Quelque part, elle se sentait investie d’une mission éducatrice, et ça, pour elle, c’était sacré… (et merde, encore une histoire de religion). Elle se prit à imaginer que cette histoire, cet homme, ils étaient divins !
— Donc, tu es à l’aise, là…
— Oui…
— Dis-moi comment tu es habillé.
— C’est important, ça, ce qu’on porte ?
— Oui… À toi de choisir : soit, tu réponds sincèrement ou alors, tu enjolives, histoire de faire monter la chaleur…
— De toute manière, tu ne sauras pas si je dis vraiment comment je suis fringué…
— Voilà.
— Toi, tu racontes parfois des cracs ?
— Ça m’arrive oui.
— Tu enjolives, comme tu dis ?
— Non, j’essaie de me conformer à ce que mon interlocuteur souhaite.
— T’es une gentille, alors…
— Une attentionnée, plutôt.
— Et là, tu portes quoi ?
Il avait fait un clin d’œil que, bien sûr, elle ne vit pas. Il se demandait si, dans le fond, elle avait envie d’être sincère avec lui ou juste… attentionnée.
— Oh, c’est tout bête. Une robe rouge décolletée et j’ai les jambes nues.
— Et sous la robe ?
— Rien…
Ce n’était pas vrai… Ce qu’elle aurait voulu, c’est simplement qu’il lui dise : mais non, c’est pas vrai, j’te crois pas… Brad ravala sa salive.
— Ça, ça m’étonnerait…
— Quoi ?
— Que tu sois nue…
— Ah bon ! et pourquoi, je te prie ?
Elle avait pris une voix genre « mais enfin, sale gosse, tu ne me contredis pas s’il te plait : ce ne sont pas des manières avec son prof de virtuel ! ».
— Parce que je te crois plus correcte que ça…
— Ça, c’était justement pas la chose à me dire ! Enfin, non, ce n’est pas ça que je veux dire. Si ta complice te dit qu’elle est nue, même si tu penses qu’elle te fait marcher, tu dois lui donner l’impression que tu es flatté…
— Pas qu’elle est une… aguicheuse ou quelque chose du style ?
— Non. Sauf si c’est le cas, qu’elle te chauffe. Mais ici, entre nous, c’était différent…
— C’est vrai, tu as raison…
Elle le sentait piqué…
— On peut continuer tout de même ? lui demanda-t-il, un peu penaud.
— Mais oui… C’est en faisant des erreurs qu’on apprend…
— Et si je dis « oh, et bien, tu me sembles bien lancée », ça va, ça ?
— Mais évidemment que ça va. Allez, ne sois pas stressé, tu te débrouilles très bien…
La conversation continua, avec des faux pas et des hésitations. Elle le sentait de plus en plus adroit. C’était plaisir pour elle d’être son initiatrice aux jeux virtuels. Et même si elle savait que c’était juste « pour apprendre », l’excitation montait de chaque côté.
— Tu me donnes faim… lâcha-t-il une vingtaine de minutes plus tard…
— Oui ?
— Oui, j’ai envie de me branler. Tu te souviens ce que tu m’as dit, que ce qu’il fallait, c’était que j’aie envie de ME faire plaisir ?
— Oui, bien sûr.
— Et bien, j’ai voudrais ça. Ça ne te dérange pas ?
— Non, bien entendu : c’était le but de nos cours, non ?
— Alors, toi qui m’écoles depuis quelques jours, tu peux faire quelque chose pour moi ?
— Dis toujours…
Là, ça bouillait vraiment. Elle était pratiquement sûre qu’il allait lui demander de lui raconter des choses bien précises qui lui auraient donné plus envie encore de se masturber…
— Tu imagines que tu es en ligne avec un de tes amants virtuels et… tu me parles comme avec lui… Tu serais d’accord ?
— Oui, dit-elle d’une voix étranglée. Oui, je suis d’accord…
— Je vais ouvrir mon jeans et commencer de... enfin, t’as compris ce que je voulais dire…
— Et moi, je vais me toucher aussi… et tu vas entendre que je prends mon pied, si ça ne te pose pas de problèmes.
L’un comme l’autre commença de se caresser, chacun de son côté, elle la bouche pratiquement collée au micro de son ordi portable et lui, elle n’en savait trop rien, mais elle l’entendait bien. Elle lui susurrait que ses doigts se promenaient contre son pubis, qu’elle cherchait son bouton, qu’elle avait envie de le voir, lui, en train de se branler, qu’il devait être dur… Lui, il soupira tout en faisant coulisser sa main autour de son sexe. De temps en temps, il s’arrêtait et lui disait qu’il se sentait bien, qu’il aimait se caresser et que le fait de l’entendre le troublait fameusement. Et puis, tout se passa très vite : elle était si excitée que le mouvement de sa main provoquait des flop flop. Deux de ses doigts dansaient en elle, ils avaient presque atteint son point G et elle était en train de se liquéfier. Elle commença de haleter.
— Vas-y, plus vite… Je sens que je vais venir. Et toi ?
— Moi aussi…
— Surtout, ne t’arrête pas quand je jouirai.
— Oh non, je suis trop bien lancé, murmura-t-il d’une voix sourde…
— Voilà, ça y est, je…. Oui… Ouiiiiiii… C’est bon… c’est tellement bon…
Elle l’entendit à son tour soupirer, et gémir. Il ne disait rien, juste des petits bruits retenus. Et ensuite, simplement, un merci très doux. Il n’était pas vraiment démonstratif, ce monsieur…
Lui
Elle n’avait pas menti… C’est vraiment une question de plaisir individuel et très personnel. Et c’était tellement jouissif. Je me demande comment elle a vécu la chose… Et si j’étais un bon coup virtuellement ?
Elle
Repue… Et cela m’arrive rarement, à présent. Sans doute l’idée que je suis en ligne avec cet homme que j’aime depuis si longtemps…
Que dire d’autre ? Je n’ai pratiquement pas entendu son plaisir, quand il a joui. Il est fort discret, tout de même. Enfin, je sais qu’il a pris son pied, c’est ce qui compte.
On verra s’il insiste pour un nouvel échange de ce type avec moi…

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