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La preuve - Ariane (7)

L’ascenseur monte au ralenti, les secondes durent des siècles. Je veux écrire cette suite, ici et maintenant. Nous ne nous quittons pas des yeux, nous défiant de nous envoyer en l’air ici même. Nos poitrines se soulèvent au même rythme saccadé, mon excitation est si manifeste que je ne comprends pas pourquoi je ne me jette pas sur lui. Je suis une pile à combustion, mon corps vacille tant j’ai envie de lui, mon sexe souffre de cette attente. La cabine nous libère enfin, il me prend la main et m’entraîne dans ses appartements. La porte à peine refermée, il me colle contre elle et s’empare de ma bouche pour la piller sauvagement. J’adore ça. Sa langue danse rondement avec la mienne, elle a un goût de vin et de luxure.

Je tire sur son pull pour toucher le grain de sa peau. Elle est brûlante, douce et ferme. Il s’en débarrasse encore plus vite que moi puis s’occupe de ma robe. Il se fige lorsqu’il constate que je suis nue en dessous. J’aime faire ce genre de surprise et tant pis pour le défeuillage classique. Nous n’avons pas le temps pour ça, le feu a déjà pris.

— Je le savais, me souffle-t-il, éperdu.

— Je déteste les carcans, mon corps m’appartient et je veux que mes seins vivent libres.

Il plaque sa paume sur mon mont de Vénus.

— Là aussi, hein ?

Son pouce appuie sur mon clitoris enflammé et je m’agrippe à lui pour ne pas tomber au sol. Il m’attrape par les hanches, oblige mes jambes à s’enrouler autour de sa taille et m’emporte sur son lit. Il m’y dépose doucement puis se débarrasse de tous ses textiles gênants. Je m’étire sur les draps, me régale de son corps qui se met à nu pour moi. C’est un sportif accompli, son bassin un peu large dessine un V affolant dont la pointe se termine sur une verge déjà dure et bien en chair. Il est beau. Vraiment beau et j’ai faim de lui.

Il me rejoint et rampe sur ma personne qu’il ne se lasse pas de découvrir de ses mains, de sa bouche et de sa langue. Je sens son souffle chaud sur mes tétons érigés par ses doigts. Je lui offre mes seins, mes hanches le bousculent, je veux qu’il se frotte à moi. Je griffe son dos, il gémit un peu sous la torture, son sexe pleure et aime ça. Je le prends dans mon poing, apprécie sa douce dureté. J’étale son excitation tout le long de sa hampe et j’entreprends de le rendre fou de moi. Il me gifle légèrement la main et se libère de mon piège.

— Arrête, je ne veux pas jouir tout de suite. J’ai trop envie d’apprendre ce qui te fait tout oublier.

Il ne m’épargne pas et remarque très vite où sont mes zones de plaisir. Je suis en fusion, je ne contrôle plus rien, ma bouche est sèche. Ses mains sont partout et dangereusement savantes. L’une s’occupe de mes seins, la callosité de sa paume allume ma peau. L’autre vénère mon sexe en n’omettant aucune partie, j’ai l’impression qu’il y a trente mille doigts, là en bas, qui me massent, me pénètrent, me fouillent et m’enlèvent toute pudeur inutile. Je prends mon plaisir à le regarder contempler mes lèvres qu’il ouvre en grand. Il s’en repaît, étale mon miel sur toute la surface et frotte sans pitié jusqu’à ce que je supplie d’aller encore plus loin. Il se branle sur mon clitoris, ses yeux sont troubles, je sens qu’il est proche. Il se précipite sur la table de nuit, déchire la pochette d’un préservatif et l’enfile sur son pénis qui n’en peut plus d’attendre.

Je lève mes pieds et les pose sur ses larges épaules, son visage est presque grimaçant, la sueur coule sur son torse. Je prends son sexe d’office et lui donne la permission d’entrer. Il ne s’en prive pas et nous poussons tous deux le même soupir de soulagement.

Nous nous emportons dans une furia de bouches humides, de mains aux doigts emmêlés, de jambes croisées et de coups de reins fiévreux. Nous avons tellement attendu ce moment que nous jouissons très vite et en même temps. C’est fort, puissant, nous nous envolons haut. Nous ne savons plus qui nous sommes, perdus dans notre petite mort commune.

La descente se fait graduellement. Nos souffles se calment. Son corps se détend sur le mien. J’aime son poids d’homme. Il se rend compte qu’il est un peu lourd et se glisse à côté de moi.

Soudain, il éclate de rire. Je sais à quoi il pense.

— Tu as pris des notes ? me demande-t-il, le visage encore animé de luxure tourné vers moi, une main posée sur mon ventre qui palpite toujours.

À ma grande surprise, je suis en capacité de réfléchir et tandis que je me coule vers lui, j’affiche mon air le plus sérieux pour lui répondre.

— Non, mais j’ai pratiquement tout retenu. Je suis assez douée pour ça. Cependant, certains détails m’ont échappé et je propose un rattrapage afin d’être certaine de pouvoir remplir les blancs de Marianne et Gaspard. Ce serait dommage de ne pas partager toutes nos impressions. Tu permets ?

Alors que je glisse sur lui pour entreprendre une analyse plus approfondie, la tempête se rappelle à notre souvenir. Elle souffle sur un volet qui casse la vitre et laisse entrer la pluie ainsi qu’une boule de poils noirs trempée.

Marcel m’a retrouvée.

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