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Femme qui veut - 3.

Après avoir obéi aux commandements de son assistant qui l’a d’ailleurs abandonnée dès la rencontre d’une paire de yeux noirs torrides, Marianne se laisse vaguement séduire par un beau trentenaire qui refuse de croire qu’elle a dix ans de plus que lui. Le coup classique. Elle lui reconnait cependant une certaine sincérité et admet qu’il a du potentiel, notamment dans sa conversation. Autant lui donner une chance. Ils s’offrent tour à tour de quoi passer une gentille soirée grisante puis, sans originalité, le beau trentenaire propose de la raccompagner chez elle. Évidemment, cette conclusion était déjà dans les starting-blocks dès le départ. Sauf qu’une petite surprise attend… comment s’appelle-t-il déjà… ? Ah ! Olivier. Charmant Olivier aux yeux de braise qui espère une bonne baise et qui la prend pour une niaise.

Sûr de lui, il escorte Marianne jusqu’à son véhicule garé à quelques rues du bar, non sans se plaindre que c’est de la dinguerie pour trouver une place dans Paris et que c’est à en devenir fou. Il lui ouvre galamment la portière et ne peut empêcher son regard de glisser sur ses jambes lorsqu’elle s’assoit sur le siège du passager avant. Elle sourit intérieurement en le voyant déglutir, puis elle attrape la poignée en refermant d’un claquement sec qui le surprend et le ramène à l’ordre. Le trajet et la promiscuité des corps sont propices à des coups d’œil, des effleurements, des lèvres qui se lèchent et des bavardages anodins, à mille lieues de leur état d’esprit.

Alors qu’il se gare devant son immeuble haussmannien, il se tourne vers Marianne qui entend l’espoir muet d’une invitation d’un dernier verre. Erreur fatale, manque d’imagination totale. Songeant aux futures conquêtes de cet Olivier dont l’huile fade frise la déception, elle se sent l’âme d’une guerrière investie d’une mission : comment expliquer à un homme qu’une femme souhaite autre chose que ce genre de banalités à pleurer. Elle pense à Gaspard, qui sait si bien s’y prendre, et s’apprête à faire rougir de confusion son bellâtre du soir.

— Eh bien, je vous remercie pour le taxi. Bonne nuit, Olivier.

— On se quitte déjà ?

Elle le regarde quelques instants, le temps de tisser ses premiers fils d’épeire, puis soupire dans un sourire mutin.

— Il est vrai que nos pelotages m’ont excitée et je ne veux pas gâcher mon plaisir. Vous permettez ?

Olivier plisse les yeux, l’air perplexe, ne comprenant apparemment rien à sa tirade. Marianne s’amuse à l’égarer, ravie de son effet qui attise son envie de le choquer et la fait mouiller encore plus. Elle se sent délurée comme jamais. De plus, la rue déserte et l’heure tardive lui offrent toute la discrétion nécessaire à son jeu.

— Permettre quoi ?

— Que je me termine, bien sûr ! Mettez-vous à l’aise, regardez comment une femme sait jouir sous les yeux d’un homme.

Lorsqu’elle remonte lentement sa robe, elle le voit soulever les sourcils jusqu’à la racine de son front et ouvrir la bouche d’étonnement, puis il finit par saisir.

— Vous voulez baiser dans la voiture ? C’est ça, votre trip ? Pas de problème, je suis partant.

Il commence à déboutonner sa braguette, apparemment heureux de laisser son sexe enfin respirer. Deuxième erreur fatale.

— Vous m’avez mal comprise. Je ne veux pas baiser, je veux juste me finir.

— Quoi ? Vous voulez… vous voulez… Mais… et moi, je fais quoi ?

Le pauvre en bégaye. Pour un peu, Marianne le prendrait en pitié, mais se souvient qu’elle se doit d’être intraitable, pour la cause de son sexe.

— Vous n’avez qu’à en faire autant de votre côté. Après tout, c’est votre voiture, je m’en moque si vous éjaculez sur votre tableau de bord.

Devant le spectacle qu’elle lui offre, celui d’une femme qui ne doute de rien et surtout pas d’elle, Olivier écarquille les yeux et devient muet.

Marianne ne peut s’empêcher de sourire et savoure son pouvoir de lui faire lever aussi vite sa belle hampe. Elle déboutonne lentement son chemisier, sort un sein en laissant l’autre dans sa prison de dentelle. Il est chaud, doux et frémit sous ses doigts. Elle plisse les paupières et ne pense plus qu’à son corps qui réclame son dû. Sa main empoigne fermement le globe libéré et pince son téton fort, très fort. Elle aime cette douleur savamment dosée, celle qui la rend aventureuse, qui l’amène à en vouloir encore plus. La peau hérissée, son ventre se soulève, sa bouche s’arrondit dans un gémissement qu’elle ne réprime pas. Elle adore exprimer son plaisir, cela fait partie de son jeu et elle ne se gêne pas pour pousser des petits cris qui l’affolent totalement. Elle s’ouvre davantage, envahie du besoin de s’exposer. Oubliant l’habitacle restreint, son genou tape le levier de vitesse et freine son envie irrésistible de jouir. Pour trouver un peu plus de confort et épicer la scène, elle enjambe Olivier et frôle par « inadvertance » sa verge qui pleure comme une fontaine, puis pose son pied sur la cuisse ferme qui frémit sous sa voute plantaire. Sous son toucher, il hoquette et sursaute.

— Merde !

— Je vous ai fait mal ? demande-t-elle, innocente comme une fleur vénéneuse.

— Non… non… Je vous en prie… continuez, murmure-t-il, déjà perdu.

Contrairement à lui, Marianne ferme les yeux. Elle l’imagine alors, le regard fixé sur elle de peur de manquer une seule seconde de cette époustouflante exhibition. Elle remonte sa jupe jusqu’à la taille pour laisser apparaître sa peau veloutée et l’ombre de son mont de Vénus. Sa main glisse sous sa culotte, mais la lingerie emprisonne son sexe et l’empêche de faire ce qu’elle veut. Agacée, elle se contorsionne sur le siège de la voiture, tourne la molette pour abaisser le dossier jusqu’à ce qu’il soit presque à l’horizontale et prend enfin ses aises.

Elle la retire en se déhanchant dans un mouvement sensuel, embrasée par la fraîcheur qui s’engouffre entre ses jambes. Mue par une idée délicieusement libertine, elle tend son index où pend le tissu trempé de son excitation vers Olivier, et, au moment où celui-ci se penche pour en humer le grisant parfum, elle le jette dans son sac grand ouvert.

Marianne remet son pied sur la cuisse d’Olivier qui respire très fort et semble ne plus savoir comment faire pour ne pas jouir dans l’immédiat. Elle lit sur son visage l’effet qu’elle lui fait, un sein libre, l’autre emprisonné, une jambe entre les siennes, la seconde appuyée sur le pare-brise. Elle se repaît de voir dans les yeux écarquillés de son complice du soir son envie de dévorer son sexe rose et gonflé, salive en entendant son souffle qui se fait de plus en plus erratique à la regarder se donner du plaisir, s’amuse de sa frustration de ne pas être l’auteur de son orgasme. Elle sait qu’il n’oubliera jamais ce qu’elle lui offre. Son corps le lui hurle, à en juger la raideur qui n’en peut plus d’attendre sa délivrance et le poing qui s’active fébrilement.

— J’aimerais tellement vous toucher… supplie-t-il en se branlant.

— Je vous l’interdis. Ce sera votre châtiment pour avoir cru que j’allais tomber dans vos bras au premier geste équivoque.

Marianne s’agite de plus en plus, entre un doigt, puis deux, puis trois, la cyprine lubrifiant à merveille son sexe qui s’ouvre sous ses va-et-vient, pendant que son pouce roule sur son clitoris. Le feu aux joues, elle sent la fameuse petite mort s’emparer de son être et se freine parce qu’elle arrive bien trop tôt à son goût. Même si le regard d’Olivier sur elle accroît son excitation, Marianne aime aussi que ses deux orifices soient comblés en même temps, alors elle délaisse son sein et insère un doigt humide dans ses reins serrés et chauds. Son plaisir décuplé fait courir des frissons sur tout son corps chauffé à blanc par ses caresses jumelles, son cœur bat la chamade et elle en oublie presque de respirer. Ses mains bougent dans un rythme qui devient fou, frénétique, saccadé. Elle halète, bouche crispée, concentrée à obéir à son corps qui hurle sa débauche. Son sang bouillonne, annonciateur de l’éruption brûlante qui jaillit entre ses jambes.

— Oui… oui… oui, souffle-t-elle, cambrée dans un angle impossible, inconsciente de qui elle est et où elle est. Elle n’est plus que ressenti et jouissance, esprit perdu dans la dimension orgasmique, vivante, femme. Ses mains sont trempées, ses cuisses tremblent encore, et ses seins pointent durement de plaisir. Échevelée, le regard égaré, la bouche ouverte, elle cherche l’air et finit par le trouver, reposant enfin son dos sur la couchette improvisée et attend que son cœur reprenne sa cadence habituelle. Elle entend Olivier se masturber comme un dingue, puis sent l’odeur bien caractéristique du sperme qui gicle avec vigueur et abondance. Joueuse, elle tend un doigt vers le liquide blanchâtre qui goutte sur le volant et le hume comme elle le ferait pour un parfum.

— Dommage ! Un poil trop salé pour moi. Je suis très sucre.

Marianne a envie de rire. Olivier semble égaré, ne sachant visiblement pas comment prendre sa remarque culinaire. Cet homme est un livre ouvert : elle déchiffre sans peine les sentiments qui l’assaillent. Il est tantôt confus, voire idiot, puis vexé. Après quelques secondes de répit, l’admiration qu’il lui voue lui prouve qu’il sait perdre avec panache. Il se rajuste, puis, après avoir enlevé toute trace de son éjaculation, la regarde, comme ébloui par sa maîtrise et sa hardiesse.

— Je crois… je crois avoir compris la leçon. Puis-je vous embrasser ?

Marianne se rhabille en un rien de temps et redresse le siège, un large sourire accroché à son visage.

— Vous pouvez, mais nous en resterons là ensuite.

Elle le laisse prendre l’initiative. Olivier se penche vers elle, doucement. Sa langue lèche d’abord ses lèvres puis les ouvre pour mieux jouer avec la sienne. Elle aime ce qu’il lui fait et lui répond avec passion. Elle se réjouit de l’avoir autorisé : cet homme sait embrasser. Pour un peu, elle regretterait presque d’arrêter la partie ici. Elle soupire, puis met fin à la caresse en le repoussant gentiment.

— J’ai passé un délicieux moment. On se reverra peut-être une autre fois…

— J’adorerais, réplique Olivier. Puis-je avoir un numéro de téléphone ?

— Donnez-moi le vôtre.

Marianne prend note et ne promet rien, mais elle ne veut pas effacer d’un trait cet homme qui pourrait être un amant accompli, surtout après la leçon qu’elle vient magistralement de lui enseigner.

Après s’être dit au revoir, elle claque la portière sans un regard vers Olivier dont la voiture est encore au point mort. Elle sait pertinemment qu’elle lui laissera une image indélébile dans son cerveau et s’en réjouit. Pas besoin de faire des salamalecs ou des adieux idiots qu’elle a toujours trouvés superfétatoires.

Elle rentre chez elle et se rend directement dans la salle de bains, pressée de prendre une douche pour ensuite plonger dans ses draps. Mine de rien, sa journée de travail ajoutée à sa soirée plus ses deux orgasmes l’ont épuisée.



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Cela n’a pas de prix. Et puis, c’est très bon pour la santé ! Mais quoi donc ?

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Des conversations intéressantes en perspective s’offrent à elle et Marianne s’en délecte d’avance. Pour l'heure, les souvenirs sont au rdv.

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