Le fantasme de Camille - 3.
- Mauricio Akyzere
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Il se retira d’elle avec un bruit humide et mat, le membre luisant de leur mélange, veiné et palpitant. Camille se redressa sur les genoux, cambrant le torse pour offrir ses seins lourds, les mamelons dressés et rougis par les frottements précédents. L’amant se pencha au-dessus d’elle, une main serrant la base de son sexe, l’autre appuyée sur le matelas pour garder l’équilibre. Il se branla rapidement, les yeux rivés sur la chair pâle et bombée qu’elle lui tendait.
Le premier jet jaillit, chaud et épais, atterrissant en travers de son sein gauche, une traînée blanche et crémeuse qui glissa lentement vers le creux entre les deux globes. Camille tressaillit sous la chaleur soudaine, un frisson remontant le long de sa colonne. Le deuxième spasme suivit presque aussitôt, plus abondant, striant l’autre sein d’une ligne irrégulière qui coulait vers son mamelon. L’odeur monta immédiatement – âcre, légèrement chlorée, saturée de cette essence masculine brute – se mêlant à la sueur et aux sécrétions qui imprégnaient déjà sa peau.
Il continua, plus faiblement maintenant, les derniers jets tombant en perles épaisses sur la vallée entre ses seins, où elles se rejoignirent en une petite flaque visqueuse qui perlait avant de glisser vers son ventre. Camille respirait fort, les yeux mi-clos, savourant la sensation de ce liquide chaud qui refroidissait peu à peu sur sa peau, collant légèrement, tirant sur les pores quand elle bougeait.
L’amant haletait encore, le gland rougi et luisant. Camille se pencha en avant, sans un mot. Sa langue effleura d’abord le méat encore béant, recueillant la dernière goutte qui y perlait – un goût salé, presque métallique, avec une pointe amère qui lui fit saliver davantage. Elle fit lentement le tour du gland, léchant les reliefs gonflés, nettoyant les traces restantes avec une application sensuelle, presque rituelle. L’amant gémit doucement, un son épuisé et reconnaissant, avant de reculer, le corps encore tremblant.
Il murmura un « merci » à peine audible, ramassa ses vêtements épars et quitta la chambre sans un regard en arrière, la porte se refermant doucement derrière lui.
Camille resta un instant immobile, agenouillée sur le lit défait, les seins luisants de sperme frais, les cuisses encore humides de leur union. Puis elle tourna la tête vers son mari.
Il était resté là, à quelques pas, le sexe toujours dur, les yeux brillants d’une faim contenue. Elle rampa vers lui sur le matelas, lentement, comme une offrande vivante. Quand elle fut assez près, elle se redressa sur les genoux et prit son visage entre ses mains encore moites. Leurs lèvres se joignirent dans un baiser profond, immédiat, vorace.
Elle lui offrit sa bouche telle quelle : encore imprégnée du goût de l’amant, ce sel âcre et cette amertume persistante qui s’attardait sur sa langue. Son mari répondit avec une intensité presque rageuse, aspirant ce goût étranger comme s’il voulait le dévorer, le faire sien. Leurs langues se mêlèrent longuement, le baiser devenant glissant, humide, chargé de cette saveur tierce qui les liait dans une complicité trouble. Camille sentit son propre désir remonter, intact, amplifié par cette transgression partagée.
Elle recula légèrement, juste assez pour que leurs regards se croisent. Puis, sans rompre le contact visuel, elle guida les mains de son mari sur ses seins. Il les enveloppa, les paumes glissant sur la pellicule collante qui les recouvrait encore. Le sperme de l’autre s’étalait sous ses doigts, tiède et visqueux, se mélangeant à la sueur de Camille. Il les massa avec une lenteur possessive, étalant le liquide sur la peau pâle, pinçant doucement les mamelons pour en faire perler de nouvelles gouttes qui coulaient le long de ses courbes.
Elle s’allongea sur le dos, l’attirant sur elle. Il entra en elle d’un seul mouvement fluide, glissant sans résistance dans la chaleur encore ouverte, encore lubrifiée par tout ce qui avait précédé. Le contact fut immédiat, électrique : la sensation de son sexe à lui, familier, se mêlant aux traces encore chaudes de l’amant qui lubrifiaient ses parois. Chaque coup de reins produisait un bruit différent, plus soyeux, plus glissant, comme si leurs corps fusionnaient avec le souvenir de l’autre.
Camille enroula ses jambes autour de ses hanches, ses talons pressant ses fesses pour l’attirer plus profondément. Ses seins, luisants et poisseux, se pressaient contre le torse de son mari à chaque va-et-vient ; le sperme s’étalait entre eux, collant leurs peaux, produisant de petits bruits de succion quand ils se séparaient. L’odeur était omniprésente maintenant : celle de l’amant sur elle, mêlée à celle de son mari, à leur sueur commune, à l’intimité rouverte.
Il accéléra, ses mouvements devenant plus saccadés, plus profonds. Camille sentait monter un dernier orgasme, différent des précédents – plus intime, plus possessif. Elle murmura contre son oreille :
« Tu me sens… encore pleine de lui ? »
Il grogna en réponse, un son rauque et animal, et redoubla d’ardeur. Quand elle jouit, ce fut avec un cri étouffé contre son cou, ses ongles s’enfonçant dans son dos, son sexe se contractant autour de lui en spasmes lents et profonds. Il la suivit presque aussitôt, se vidant en elle avec une force contenue, comme s’il voulait effacer, recouvrir, revendiquer.
Ils restèrent soudés un long moment, haletants, leurs corps collés par la sueur, le sperme de l’amant et le leur propre. Camille caressa doucement les cheveux de son mari, un sourire paresseux aux lèvres.
« C’était… exactement ce dont j’avais besoin, » murmura-t-elle.
Il releva la tête, l’embrassa encore – un baiser plus doux cette fois, presque tendre – et répondit simplement :
« Moi aussi. »
La chambre sentait le sexe, la sueur, la transgression consentie. Et dans ce parfum lourd, leur complicité n’avait jamais été aussi forte.

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