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3H38

C’est la première fois que j’entends les rossignols chanter ainsi, à tue-tête, en pleine nuit. Est-ce qu’ils chantent aussi chez toi ?


D’abord le crépuscule que j’ai observé, et maintenant la nuit qui vient me chercher au beau milieu de nulle part, qui m’extirpe du sommeil, amoureuse.


Le temps cesse enfin de nous séparer.


Je suis toute à toi, le noir pour seul habit.



« Je t’embrasse » ces mots me reviennent en plein cœur, en plein creux de mes hanches qu’ils invitent à danser. À chaque fois que l’on se quitte ainsi : « je t’embrasse », je veux plus. Je veux t’embrasser oui et te serrer, te sentir, toi et ton souffle doux comme mes ailes.


Moi aussi « je t’embrasse ». Mais nue, égarée.


Près de toi, je suis dévêtue, totalement nue contre le tissu de tous tes vêtements. Est-ce que tu me laisserais ouvrir ta chemise ? Je veux sentir ta peau contre la mienne.


« Je t’embrasse » moi aussi, oui. Mais sur tes lèvres que je veux sentir usées contre les miennes.


Dompteur charnel, je ne suis pas sûre de parvenir à seulement t’embrasser, sans goûter à la pulpe de ta bouche. Est-ce que tu l’accepterais ? De sentir ta langue caresser la mienne…


Une fois allongée tout près de toi, installé sur le flanc, je t’embrasserais encore, tu sais.


Sans jamais te parler.


Je sucerais ta langue, presserais mes hanches contre les tiennes et chercherais ton corps du mien. J’ai envie de ta nuque, de tes cheveux, ton cou, ton torse, de tout ce qui me manque et que je sens courir sous mes doigts… de toi.


Je suis aveugle, mais je pourrais bien t’entendre, sentir l’air que tu brasses à quelques centimètres de moi. Tout sentir, te sentir toi et ton ombre, ton onde, ton parfum et ta chaleur intermittente à un souffle de moi. Seule ta respiration, constante, calme, pourrait m’enseigner. Je serais capable de deviner quand tu dors, t’éveilles et lorsque tu te fais dur.


Mes mains qui fourmillent d’impatience pourraient, aveugles, parcourir les lignes et chaque parcelle de ton corps que je dessine en pensées. Et ce que je viens de frôler…


J’ai envie de descendre entre tes cuisses. De m’y lover, ma bouche à quelques centimètres de toi et de ton parfum de mâle qui ne me laissera jamais dormir.


J’aimerais t’entendre lorsque mes lèvres brûlantes s’approchent encore un peu plus et pressent le tissu de ton vêtement qui se tend et chauffe. J’aimerais t’entendre… Est-ce que tu gémis dans ces moments-là, même dans un soupir ? Est-ce que tu me parlerais ?


Tes mots me découvrent et pourraient deviner mon corps qui crie, te réclame.


Je crois que je peux tout entendre de toi, tu sais… même l’infini. L’infiniment petit et l’immensité vers laquelle j’ai très envie de te pousser, de t’entendre basculer.


Et si je te déshabillais et que « je t’embrassais »juste là ? Tu sentirais les vibrations subtiles de ma voix sur ton membre, l’humidité de ma langue qui se délecte de toute sa longueur, de ses veines chaudes et enflées, jusqu’à atteindre sa pointe tendre et palpitante. J’ai envie de boire au creux de ton gland, de l’enrober de mes lèvres, lentement…


Maître d’une flamme invisible, est-ce que tu me laisserais le frôler avec mes dents et la pointe de ma langue… et encore ?


Mes mains sur tes fesses que je plaquerais vers moi, accompagneraient la danse de tes hanches qui entraîneraient les miennes. J’ai tellement envie de toi. Que tu me prennes, même comme ça. Que tu envahisses ma bouche, que tu y loges tout ce que tu ne me dis pas.


Tiens-moi. Tire mes cheveux. Relève-les. Relève-moi. Et embrasse-moi, encore…


Je t’aime, tu le sais, ça ? Je t’aime et je ne te le dis pas.


Je t’aime comme on s’échappe.


Ça doit être pour cela que j’ai tant envie de te le faire, de te faire l’amour.


J’aimerais que tu me délivres, comme tu sais le faire. Que la nuit glisse dans mes veines, que ta langue me révèle et m’abreuve de tout ce qu’il reste sur cette terre.


La nuit me brûle. Le temps nous égare.


3h38… les heures guérissent l’envie et sont éternelles. Il n’existe aucun endroit, ni aucun moment suffisamment grand pour y déposer ne serait ce qu’un peu de mon désir pour toi.


Depuis que je te connais, c’est partout et tout le temps que j’habite, que je te veux.


Une envie de toi comme un rêve sans nuit. Un rêve qui n’en finit pas et qui ne cesse de me transporter tout près de toi… Quai des rêves…


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