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Lettre à Nora

Bonjour Madame,


Il y a quelques années de cela, j’ai acheté dans une brocante un banc d’église avec des casiers qui s’ouvrent sur le dessus. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai découvert, dans l’un d’eux, un missel dans lequel une feuille jaunie dépassait.

Vous connaissant avide de textes licencieux, et à l’occasion de la sortie de votre « contrebasse », je prends l’audace de vous adresser cet émouvant témoignage d’amour.


« Mon tendre Lulu.

Si tu savais à quel point je me languis de toi et de ton bel instrument, tout rose, tout droit et tendu comme un arc bandé. Quand tu t’emmanches en moi, je la sens si grosse que je comprends ce qu’est le Paradis, surtout après m’avoir si bien ramonée. C’est pas comme ce que dit monsieur le curé qui voue aux enfers les actes de débauche. Quel hypocrite, celui-là ! Pour l’avoir observé au travers d’un trou de la serrure (ce sont les petits cris qui m’ont attirée pendant que j’allumai un cierge à sainte Rita pour exaucer un vœu impossible), je peux te dire qu’il noyait bien son bâton de pèlerin dans le calice de la bigote ou l’œillet du vicaire ; je l’ai vu le faire avec les deux en même temps. J’en étais tout émoustillée, au point de tremper ma culotte et d’avoir envie de me toucher là, en t’imaginant agenouillé devant moi et me regardant faire.

J’entendais même ta voix :

“Écarte tes cuisses, que je contemple ta cramouille toute gonflée et luisante de désir. Allez, je veux tout voir ! Oh, ton berlingot me fait de l’œil, tant tu sais lui faire du bien. Branle-le comme tu astiques ma pine, et surtout ne te tais pas, j’adore t’écouter gémir et dire des mots que le Bon Dieu n’a jamais inventés. Écarte plus, que je me couche entre tes jambes. Accroupis-toi sur mon visage, je te ferai une langue aussi dure que mon dard, elle a tellement envie de fouailler tes merveilles. Un coup à plat sur ta vulve, un coup pointu dans ton con. Et je m’occuperai de ton autre petit trou, celui-là est mon préféré parce qu’il est encore plus interdit que tous les interdits et qu’en plus y a pas de danger de se retrouver avec un marmot. Je m’y prendrai tellement bien que tu accepteras trois de mes doigts et j’appuierai exprès au point que tu ne pourras plus te retenir.

Imagine un peu : ma langue, mes grosses phalanges, tes soupirs et me sentir inondé de ton abondante pluie d’or, bouillante, écumante et moi, lapant tout comme un chien assoiffé et t’en réclamer toujours. Je serai ta bête, je te reniflerai le cul, les quatre pattes en l’air, la queue remuant dans tous les sens, comme un toutou éperdu de reconnaissance pour l’avoir si bien arrosé. Et tu te pencheras à ton tour sur mon épine, tu la suceras avec ta gourmande, tes dents, tes lèvres en murmurant au plus profond de ta gorge tandis que je téterai tes mamelons tout durs, cherchant le lait comme un enfant pas encore sevré. Nous nous oublierons dans la folie de nos envies et je hurlerai aux Cieux comme c’est bon de lâcher mon jus dans ta bouche.

Oh, oui, mon bel amant. J’ai joui en composant cette cabale, j’en ai laissé une flaque sur le carreau, près de la chaire. Et j’ai ri comme une damnée en pensant à la tête du curé se casser la nénette parce qu’il aura glissé sur mon plaisir.

Mon cher Lulu, tu me manques tant. Et dire que je ne peux même pas t’envoyer cette lettre qui ne passera pas la censure de ces Messieurs pourris de vertu et si peu regardants pour la vie d’un homme. Je n’ai plus de nouvelles de toi depuis ton départ pour Verdun. Que sainte Rita ait pitié de nous et te rende à moi. En ce jour de mars 1916, je t’embrasse goulûment, avec appétit et espoir. »


Touchante et excitante, vous ne trouvez pas ? Découvrir ce genre de missive dans un missel, avouez que le diable se cache dans les détails.

Je vous laisse juge de le penser ou pas, toutefois, cela m’a fait plaisir de vous en avoir fait part.

Je vous souhaite de bien belles lectures et de bien jolis mots à coucher sur le papier.

Une de vos admiratrices, fidèle en écriture érotique.

Jeanne


PS : j’ai bien acheté un banc d’église en flânant dans une brocante et contenant un missel, mais il n’y avait hélas, pas de tels témoignages dans cet ouvrage, même pas une carte pieuse. Tout se perd.



Blog de Nora Gaspard, la destinataire de cette lettre, avec un lien direct vers "La femme contrebasse", livre cité dans le texte.

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