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Les voix romaines ne sont pas impénétrables - 2.

Rose-Marie était assise sur un divan dont le velours, rouge comme le vernis de ses ongles, faisait ressortir sa courte robe noire, moulante, et ses bras nus. Elle se leva vivement à l'approche de Francesca, découvrant sans le vouloir le haut de ses bas retenus par de fines jarretelles qui laissaient deviner des dessous choisis avec goût :

— Bonsoir, vous êtes Francesca je présume ? Je suis Rose-Marie...

— Oui je sais. Je suis enchantée de vous connaître. Je voulais vous remercier de m'avoir remplacée. Pauvre Don Fiore, sa chorale compte tellement pour lui, si vous saviez...

— Oh ce fut un plaisir. Je suis très heureuse de rendre service.

— Allons prendre l'air sur la terrasse nous serons plus à l'aise... Toute cette agitation me donne le tournis.


Assises sur une balancelle les deux sopranos ne tardèrent à sympathiser.

— J'adore votre ville, Rome est vraiment magnifique. Son histoire, ses monuments... Hélas notre chorale repart demain, soupira Rose-Marie. Je serais volontiers restée quelques jours de plus...

— Mais, votre mari vous attend à Paris, interrompit Francesca, et il doit s'impatienter.

— Pensez-vous !... Il ne se soucie guère de moi... Il est soi-disant en "déplacement".

— Eh bien, venez chez moi, lança Francesca, je vis seule et ma maison est assez grande pour vous accueillir le temps que vous voudrez !

— Oh, mais, on se connait à peine...

— Justement, cela nous permettra de faire plus ample connaissance...

— C'est très gentil à vous... je... je n'ose accepter...

— Allons ! Ne soyez pas gênée, venez, dit la belle en saisissant la main de Rose-Marie. Don Fiore ira chercher vos valises. Il nous rejoindra chez moi... il connaît le chemin...


***


— Entrez chère amie, dit Francesca en ouvrant la porte, vous êtes ici chez vous !

La maison était spacieuse, décorée avec goût. Sur la table du salon, quelques magazines italiens et français auxquels elle semblait abonnée : Vogue, Vanity Fair, Marie-Claire, Elle... Marie-France était au-dessus des autres. Des revues françaises, spécialisées en danse classique formaient une pile soigneusement rangée. Sur l'un des murs, des reproductions des "Danseuses" de Degas. Les images volaient sur les parois. Celles de Matisse, sur le marbre d'un meuble ancien, venaient compléter cette sarabande.

— Vous aimez la danse si je ne me trompe, glissa Rose-Marie.

— Oui, répondit Francesca. Après l'école du Ballet de Rome, j'ai passé quelques années à l'Opéra de Paris, puis Monte-Carlo. J'ai dû arrêter... pour raison de santé... Je me suis réfugiée dans le chant... mais je vais vous montrer votre chambre.

Visiblement elle n'avait pas très envie de s'étendre sur cette période de sa vie.

Elles entrèrent dans une pièce tapissée de tentures roses. Au centre, un lit aux draps de même couleur. Un éclairage savamment orienté en faisait une alcôve on ne peut plus accueillante.

— Cette autre porte donne sur votre salle de bains.

— Oh je meurs d'envie de me plonger dans un bon bain !

Francesca ouvrit les robinets, régla la température de l'eau ainsi que la pression des bulles.

Elle était nue sous sa robe et la fit tomber au sol d'un geste d'une élégance folle.

Rose-Marie la regarda, avec envie, entrer dans l'eau devenue matière vivante. Celle-ci épousait les formes de son corps de parfaite manière.

— Qu'à cela ne tienne ! Rejoignez-moi, le jacuzzi est assez grand...

Celui-ci était taillé comme les bassins de l'Empire romain. Une mosaïque digne de Messaline en ornait les parois.

Francesca se leva, ruisselante de gouttelettes qui roulaient sur sa peau et tendit les bras en souriant.

Rose-Marie la regardait, trempée de désir. Elle déboutonna sa robe en prenant son temps, la fit glisser à ses pieds, dégrafa son soutien-gorge noir finement ouvragé, et libéra sa poitrine.

Elle s'approcha de la brune naïade.

Jusqu'à ce que leurs seins se touchent.

Jusqu'à ce que leurs bouches se trouvent.

Jusqu'à ce que leurs lèvres s'effleurent.

Jouant à retarder le moment où leurs langues se mêleraient avec tendresse et sensualité.

Rose-Marie se tenait debout. Ses bas noirs étaient ses seuls habits. Elle entra dans l'eau ainsi dévêtue. Sa poitrine nue aux pointes étirées appelait le regard et les mains de Francesca. Toutes deux se prirent dans leurs bras, accordant leurs respirations, éprouvant l'harmonie de leurs peaux brûlantes, de leurs battements de cœurs... Elles restèrent ainsi un long moment, savourant cet instant de douceur, cette complicité.


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