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Les amants modèles - 2.

La seule chose perceptible était le bruit du déclencheur. Parfois elle passait entre la fenêtre et le lit où nous trouvions, mon amant et moi, et cela faisait de l’ombre. J’avais les yeux fermés mais les différences de lumières étaient distinctes.

Joachim a commencé de me caresser les jambes comme il aime le faire, par-dessus mes collants. Lentement, avec application. Je lui ai proposé de retirer ce qui lui interdisait l’accès à ma peau nue et il m’a fait signe qu’il était d’accord. Il ne me restait plus que ma robe fluide bleue parsemée de fleurs rouges et roses et dessous, mon soutien-gorge poudre. Les caresses ont repris entre mes jambes, cette fois. Les mains de Joachim se frayaient un passage jusque contre mon pubis. Je sentais mon intimité avoir envie de ses doigts en moi. Il faisait durer… et encore durer. Le haut des cuisses, la toison, le ventre. Il remontait ma robe très lentement en gâtant chaque petite partie de ma peau découverte. C’était délicieux. Parfois, je laissais échapper un petit soupir. Lui, il était imperturbable. Je pense qu’il gardait les yeux fermés mais je n’ai aucune idée du pourquoi de la chose : se concentrait-il ? Il n’était pas sous extase, ça, c’est certain.

Le temps s’est étiré. Les choses ont duré, et encore duré. Ça ne m’a pas semblé long du tout. Je profitais de toutes les sensations les yeux fermés. Son odeur que j’aime tellement, la douceur de ses doigts mais parfois le fait qu’ils soient plus énergiques, aussi. C’est ce que j’apprécie : le mélange de ce que je ressens. La presque brusquerie quand après la tendresse, il a l’air de se reprendre en agissant tel un mâle qu’il est. Il doit se sentir l’agent dominant des deux. Cela doit le conforter dans son statut, à la place où il se situe. Pour moi, ce n’est pas grave. Je sais qu’il accorde de l’importance à cela. Et moi, mine de rien, cela ne me déplait pas réellement. Je ne suis pas de celles qui diraient qu’elles doivent décider de quand, comment, dans quelle position. Si je sais qu’à un moment, il me dit qu’il me laisse mener les choses, cela me va.

J’aurais aimé qu’il me laisse l’embrasser. Je sais depuis peu que les baisers s’ils sont nombreux et longs ont un pouvoir aphrodisiaque… Je n’oserais sans doute jamais me précipiter sur qui que ce soit, a priori, un homme que je trouve à mon goût, et lui faire un roulage de pelle en règle. Et pourtant…

Avec Joachim, c’était pareil. Quand il me permettait l’accès à ses lèvres et à ses joues, cela me mettait dans un état pas possible et j’adorais cela. Je me sentais vivante, belle sous ses doigts, baisable, comme il dit, et ça me faisait du bien. Cela me confortait dans l’idée qu’il n’y a pas besoin d’être bien roulée, d’avoir une taille mannequin et d’être jeune et jolie pour être choyée et comblée. Mon amant était ce genre d’homme qui vous donne confiance en vous et c’est sans doute pour cette raison que j’étais si heureuse de ces expériences…

Ce que j’ai apprécié particulièrement, c’est qu’à un moment, je me retrouve couchée sur le dos, avec lui au-dessus de moi. J’ai senti ses bras trembler. J’ai déboutonné sa chemise bleue, celle que j’aime tellement. Il a retiré son pantalon et un T-shirt blanc que je ne connais pas.

Et combien c’était doux…

Le slip a valsé et ma bouche s’est retrouvée à le sucer. Tranquillement, amoureusement. J’aime le goût de son sexe. J’aime sentir son ventre se crisper un peu. J’aime ses petits râles. Sa queue qui grossit dans ma bouche. Ses testicules que je fais rouler entre mes doigts. J’aime nicher mon nez près de sa toison pubienne.

Je l’ai embouché et c’était si bon. Jouer avec le prépuce. Le suçoter. Encore… encore…

C’est un tout. Me rendre compte de l’effet de ma bouche sur lui. Le sentir excité. Savoir que quand il en aura envie, il me proposera de le chevaucher parce qu’il sent que je ne vais plus retenir mon désir…

Il est à l’écoute, Joachim, de toutes ces choses-baromètre de mon excitation. J’aime être avec lui pour cette raison.

Élisa mitraillait toujours. Je ne m’en occupais pas. À aucun moment elle n’a ouvert la bouche. Elle a déposé le petit appareil quand Joachim a éjaculé sur son ventre. Moi, j’avais déjà joui, presque silencieusement. J’ai dit à Joachim qu’il n’avait pas à s’inquiéter du fait que cette fois, je n’avais pas crié et presque pas versé de larmes. Je n’avais pas été très démonstrative mais notre « expérience » m’avait plu, vraiment, beaucoup.

Il m’a manqué, pourtant. Ses mots et ses bras. Sa bouche contre la mienne. Parfois, j’aimerais que nos souffles et nos salives se mélangent. Et puis, ses paroles, cette manière qu’il a de m’écouter quand je bavasse et qu’il me sourit, les yeux dans le vague. Il a l’air de penser « quand va-t-elle s’arrêter de bavarder ? ».

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