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La fille qui régule - 2.

Ses sanglots avaient presque cessé. Ce déferlement d’émotions surprenait toujours un peu l’homme. Cette fois, elle n’avait rien dit. Il ne lui en fit pas la remarque. Ce fantôme qui planait au-dessus d’eux était peut-être en train de partir sur la pointe des pieds…

Il la laissa reprendre ses esprits quelques instants puis se leva.

— Un verre de vin et… triple dose de chocolat ? demanda-t-il en lui souriant et en lui faisant un clin d’œil.

— Mais bien sûr, oui ! Deux verres de vin, même et… si nous vidions la bouteille aujourd’hui ? Osa-t-elle.

Joachim la regarda. Avait-elle envie de perdre pied complètement ? Il se voyait mal la reconduire à la gare et la laisser monter les escaliers menant aux quais en chancelant…

— Si nous entamons la bouteille maintenant, cela ira. Presque deux heures pour se l’enfiler à deux…. Et puis, on ne boit pas le fond.

— Je vous fais confiance : vous vous connaissez mieux que moi.

— Chocolat ? Dit-il en déposant des mignonettes Côte d’Or sur le lit.

Les yeux de Blanche brillaient… Elle passa la langue sur ses lèvres, gourmande.

— Et puis, ôtez donc vos bas. Vous risqueriez de les abimer. Vous vous êtes vraiment mise sur votre trente et un, cette fois….

— Je voulais vous montrer que je n’avais pas envie de réguler vos pulsions…

— C’est vrai qu’on est loin des trois couches de sous-vêtements tue-l’amour dont il était question lors de notre dernier tchat.

— Effectivement…. Mais…. Je peux garder ma robe ?

— Au moins, elle ne se froissera pas comme ma chemise. Jamais compris comment les acteurs pornos se débrouillent pour que ce genre de chose ne leur arrive pas…

— C’est simplement parce qu’il y a une « repasseuse » sur le tournage et qu’elle est sollicitée pour un petit coup de fer quand c’est nécessaire…

Elle avait répondu cette boutade en prenant un air entendu. Joachim était pourtant certain qu’elle n’avait jamais fréquenté un plateau de tournage mais qu’une telle considération était totalement plausible.

— Bon, continua-t-elle…

L’homme avait remis son slip après s’être débarrassé du préservatif dont il s’était servi au creux d’un mouchoir en papier. Il avait ôté sa chemise pour ne pas la chiffonner davantage…

— Par quoi poursuivons-nous, mis à part les plaisirs de la bouche ?

Elle le regardait à nouveau avec un petit sourire mutin.

— Ils ne vous plaisent pas ?

— De quoi ?

— Les plaisirs de ma bouche, bien sûr…

Elle ne changerait jamais, c’était certain… Et oui, bien sûr, il savait ce qu’elle voulait dire.

— Je les assimile à votre goût pour l’escalade…

Là, elle piqua un fard.

— Ces plaisirs sont différents… enfin… quoi que…

Elle sembla songeuse.

— C’est vrai : que ce soit pour les uns ou les autres, j’en retire le plus grand bénéfice. Et vous aussi, il me semble…

Joachim se rappelait de leurs rendez-vous, de la manière dont Blanche choyait sa queue, avec sa bouche, avec ses doigts, plus rarement avec son sexe. Il savait aussi qu’elle adorait entourer sa jambe gauche et des siennes et se frotter contre sa cuisse telle une jeune chatte. Et puis, elle le chevauchait, et continuait d’exciter son clitoris grâce à ses frictions sur le membre de l’homme. Qu’avait-elle en tête aujourd’hui ?

— Vous picorer…

— Je picore ? dit l’homme, étonné.

— Non, moi, je vous picore, expliqua-t-elle. Mais d’abord….

Du bout des doigts, elle fit descendre le slip de l’homme, l’envoya valdinguer hors du lit. Elle pivota sur elle-même et se retrouva le nez dans la toison pubienne de Joachim. C’était doux, chaud.

— C’est là que je vais m’occuper de vous, dit-elle en embouchant le sexe de l’homme avec gourmandise.

Elle jouait avec le méat du gland. Elle aimait commencer de suçoter ce dernier du bout des lèvres et puis, insérer sa langue et aspirer. Ensuite, elle prenait toute la verge en bouche, la contournait goulument comme si sa vie en dépendait. Elle faisait des petits bruits de succion, de léchage. En général, ses partenaires appréciaient. Habituellement, elle avait droit au commentaire : « tu suces bien… on dirait que t’aimes ça… ».

Bien sûr que cela lui plaisait. Sinon, elle ne l’aurait certainement pas fait ou alors, pas de cette manière.

Elle savait que l’homme s’abstiendrait de toute caresse. Qu’il aimait se laisser faire. « L’asymétrie permet de se concentrer sur son plaisir ou sur le plaisir de l’autre, Blanche. Imaginez que vous soyez en train de me sucer et que je fasse pareil avec vous. En profiteriez-vous autant ? ».

Au début, cela lui paraissait étrange mais finalement, elle s’était assez bien faite à la pratique. Elle aimait qu’il fasse entrer ses doigts en elle, qu’il lui empoigne un sein et le malaxe avec vigueur, qu’il lui pince les fesses, qu’il les écarte fort comme pour les séparer l’une de l’autre. Elle, à ces moments-là, elle se contentait de lui déposer des petits baisers sur les joues. Elle n’aimait pas être inactive. Elle se sentait profiteuse et cela la gênait.

Les plaisirs de bouche de Blanche durèrent un bon moment. Avait-elle envie d’autre chose ?

C’est ce que Joachim lui demanda. Mais elle avait déjà tellement joui qu’elle lui dit juste qu’elle aimerait boire un autre verre de vin avec une mignonette de chocolat noir. Et puis, si elle pouvait terminer de le caresser pour qu’il jouisse à nouveau, ce serait parfait.

L’homme aimait la manière dont elle s’y prenait. Il savait qu’elle était heureuse quand il dodelinait de la tête en lâchant des phrases parfois un peu désordonnées. Il leur était arrivé de jouer à « je vous branle mais si vous sentez que vous venez, je m’interromps ». Cela pouvait durer parfois plus de cinq minutes. Lui, ça le rendait fou. Mais il savait bien que se retenir était tout aussi délicieux. Il y avait aussi la durée. Un orgasme qui nait et qui est différé, retardé comme ça, c’était jouissif… Elle avait le chic pour cela. Il était par contre certain qu’elle aurait été incapable de résister aussi longtemps. Mais jouer avec la jouissance de son partenaire, c’était euphorisant pour elle.

Alors, il se laissa faire.

Elle poussa le vice en lui redemandant un verre de vin. La bouteille était pratiquement vide comme elle le lui avait annoncé. Péniblement, il se redressa, saisit le verre qu’elle lui tendait et un peu hésitant, remplit ce dernier à demi.

— Vous voulez me tuer ? l’entendit-elle dire.

— Vous vouliez que je régule… Alors, je m’exécute, répondit-elle en riant.

Cette femme est une sorcière, fut la dernière pensée de Joachim avant de se répandre sur son ventre…

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