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Go Down Under Spécial St Valentin - Partie 2

Gill, encostardé en noir, avait réservé une table au Shunga, un restaurant japonais très réputé à Melbourne, quartier South Yarra, qui visait une classe à la recherche d’un voyage gustatif et prête à y mettre le prix. Le cuisinier était un maitre sushi installé au pays depuis une décennie et offrait son savoir-faire dans la capitale de l’Etat de Victoria. Il ne se cantonnait pas aux nigiris au saumon et en proposait avec divers poissons exotiques. 

 

Le couple arriva dans une grande salle aux tons jaune pâle dans un décor minimaliste où les tables étaient séparées par des paravents en papier de riz. Une petite musique lounge en bas volume offrait une ambiance à la fois ancienne et moderne. 

Assis sur des chaises jaune clair devant une table vernis en bois très foncé, le duo ouvrit le bal avec un verre de saké chaud. Ils trinquèrent à leur amour et à ce qu’il dure le plus longtemps possible. 

 

— Prouvons qu’une relation avec une grande différence d’âge n'est ni toxique, ni déséquilibrée, ni vouée à l’échec. Affirma l’australien, son regard bleu foncé tenant celui de sa moitié. 

— Donnons tort aux statistiques. Ajouta Ambre. 

 

La première gorgée brûla légèrement la gorge de la belge qui était peu habituée aux alcools forts. Mais ce fut une sensation très rapide qui s’estompa rapidement. 

En entrée, ils optèrent pour des makis de thon et radis à la sauce ponzu, une sauce très populaire dans la cuisine japonaise, à base d’agrumes japonais comme le sudachi, le yuzu ou le citron; de vinaigre de riz, de mirin, de katsuobushi (flocons de bonites séchées) et d’algues konbu. Offrant ainsi la saveur Unami dont le Japon s’était forgé une spécialité. Une saveur dont la définition était “goût savoureux”. Un gout qui se retrouvait dans le thon, la sauce soja ou encore le thé vert, d’après certains scientifiques. 

 

Ce gout caressa leurs papilles. Ambre leva son pouce en signe d’approbation vers son amant tout en mâchant lentement pour savourer les moindres saveurs entre le riz, le poisson et le radis. 

Puis en enchainèrent avec une farandole de nigiris sériole, maquereau, crevette crue, thon, thon gras, anguille, saumon mariné et espadon. Les chairs des produits de la mer étaient d’une délicatesse semblable à du velours. 

 

— C’est le velours de la mer. Soupira la jeune belge. L’espadon est d’une finesse... 

— Ce chef est le Mozart des sushis. Il est vraiment à la hauteur de sa réputation. 

— Comment tu as connu ce restaurant au fait? 

— Jacob et Sarah m’en ont parlé some month ago. Ils y sont allés plusieurs fois et ils m’ont dit que c’était le nec plus ultra du sushi. Et comme je sais que tu aimes ça... 

 

Le regard clair de la belge pétillait de bonheur. Ses lèvres habillées d’un rouge à lèvre corail était tirées dans un sourire aussi solaire que la présence de Gill à ses côtés. 

 

— ...Et je voulais marquer le coup pour cette première St Valentin tous les deux. Je me répète, je sais, mais je voulais te remercier d’avoir été présente quand j’étais au fond du trou. 

 

Sa main se posa doucement sur la sienne. 

 

— Quand même, Gill, je me voyais mal te laisser tomber alors que tu étais au plus bas. 

— Pourtant, je t’avais dit de partir, que je n’étais pas un bon host-dad... Mais tu es quand même restée, et tu m’as soutenue.  

 

Elle entrelaça ses doigts dans ceux de son amant. 

 

— Ce qui m’a fait rester, c’est de te voir te battre. Tu sais, mon ex se complaisait à se laisser tomber et à m’entrainer avec lui. Mais toi, tu es à l’exact opposé. Tu t’es battu jusqu’au bout, tu as saisi ta maladie à bras le corps et fait comprendre que tu n’allais pas la laisser te bouffer. C’est ce qui a commencé à me séduire chez toi, ta détermination et ta combativité. Moi qui avais l’habitude des gens qui se laissent tomber, ça m’a changée, mais dans le bon sens du terme. Et tu as voulu m’épargner par crainte que je tombe avec toi, et tu es le premier à agir comme ça avec moi. Rien que pour ça, j’ai commencé à éprouver des sentiments envers toi. Cela peut sonner vieux jeu chez moi qui ai à peine 20 ans, mais pour moi, un vrai homme est un homme qui sait se battre contre ses démons et qui est capable de mettre sa moitié à l’abri. 

 

L’australien sentait les mots de sa moitié lui caresser les oreilles pour descendre jusqu’à dans son coeur. Malgré leurs 20 ans d’écart, elle était capable d’avoir autant de maturité qu’une adulte de son âge à lui. Même si les statistiques prouvaient que plus un couple était en proie à une grosse différence d’âge, moins il allait durer. Ils s’aimaient au point de vouloir être l’exception. 

Il lui prit la main et déposa un baiser sur le dos. 

 

— Dans ce cas, je serai ton homme. 

 

Après ce diner romantique ponctué de promesses, le couple revint à l’appartement, main dans la main. L’air s’était doucement rafraichit. Un léger vent passait entre les jambes nues de la jeune belge. Sa robe se soulevait doucement, dévoilant le bas de ses cuisses bronzées. 

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