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Collègue - 7.

Une fois à l’intérieur, je suis saisi par l’ambiance qui se dégage des lieux. C’est tout d’abord une expérience auditive lorsque, avant même que mes yeux ne s’y familiarisent, la bande son d’influence électro-jazz au tempo très lent et aux harmonies savamment pensées pour adoucir l’atmosphère vient caresser mes oreilles.

— Tu aimes la musique Lo-Fi ? C’est génial pour habiller une pièce et, en même temps, elle ne distrait pas de ce que nous avons à faire.

Je ne peux qu’acquiescer tandis que, peu à peu, mon regard épouse les contours de l’endroit. Tout est baigné d’une lumière rouge, paradoxalement tout sauf agressive. C’est un peu comme si on fixait les dernières braises d’un feu et nous sommes bien loin du chaos que pourrait suggérer un tel éclairage d’il était moins bien dosé. Ça et là, quelques écrans distillent des vidéos érotiques soft, ce à quoi je pouvais m’attendre dans la mesure où j’avais compris la nature du club dans lequel nous entrions, mais qui montrent également de façon très esthétique des personnes infligeant des sévices à d’autres personnes sans distinction de genre ni d’un côté ni de l’autre. Cette découverte pourrait m’inquiéter, il n’en est pourtant rien, tellement tout est conçu pour apaiser les sens. Il me semble même que mon coeur a ralenti.

— Tu te sens bien ?

— Parfaitement Madame, l’endroit s’y prête tant que l’on a envie de s’abandonner

Ma réponse a fusé naturellement, elle s’en amuse.

— C’est pour mieux faire passer la pilule. Tu n’as pas encore tout découvert, tu sais ? Mais, auparavant, il va falloir que nous passions au vestiaire. Tes vêtements ne t’encombrent pas ? Pour ma part, il faut que je passe une nouvelle toilette que tu vas certainement adorer

La question n’appelle pas de réponse mais des actes et elle me désigne du doigt une rangée de casiers, que jouxte un banc, dans un recoin un peu plus sombre.

Je ne connais cette femme que depuis quelques heures et, pourtant la perspective de me retrouver nu devant elle dans un lieu qui m’est inconnu et sans avoir la moindre idée de ce qui va advenir, du moins de façon précise, le fait que je passe à la casserole est désormais acquis, me paraît parfaitement naturelle. Elle disparaît quant à elle derrière une tenture que je n’avais pas vue auparavant.

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