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Collègue 2 - 15.

J’ai un bref instant de vertige. Et si Lisa m’emmenait boire ce verre là où je suis allé avec Sabrina hier ? Cela serait à peine surprenant, elle n’a pas froid aux yeux, ni ailleurs, et qu’elle connaisse cet endroit ne serait absolument pas déconnant. Si on y ajoute ce que je viens de lui avouer, même si c’est une version expurgée, qui me fait passer pour un petit coquin à ses yeux, et cette destination serait presque naturelle. Je suis donc tout à la fois déçu et soulagé lorsqu’elle m’invite à la suivre dans le bar à bière qui fait également office de boutique. C’est un endroit neutre, où se déroulent habituellement les afterworks de la société, qui sera parfait pour des confidences mais je dois reconnaître que l’idée du club, pour saugrenue qu’elle ait pu me paraître de prime abord, n’en était pas moins amusante.

Il ne nous faut que quelques minutes pour nous y rendre et, par chance, il n’y a pas grand monde ce soir. Nous serons donc plus à l’aise pour discuter que dans le brouhaha d’une salle bondée. Nous arrivons au comptoir et Lisa commande sans sourciller une pinte d’ambrée.

— Je crois que je vais avoir besoin de boire pour entendre ce que tu as à me dire !

Elle a souri en disant cela. Un sourire amusé qui laisse présager que nous allons passer un agréable moment à papoter. Je n’en suis pas moins à me faire des nœuds au cerveau à essayer de trouver comment tourner la chose sans impliquer Sabrina pour le moment. Sa position n’est pas totalement assise au travail et je ne voudrais pas la mettre en porte à faux.

— Et vous Monsieur, qu’est-ce que vous prenez ?

Tout à mes réflexions j’avais totalement oublié de choisir ma consommation et c’est presque mécaniquement que j’opte pour un demi de blanche légère un peu fruitée. J’ai besoin d’avoir l’esprit clair, au moins pour le moment. Mon verre à la main, j’emboîte le pas de Lisa jusqu’à une table un peu à l’écart et plus faiblement éclairée que le reste des lieux. Un vrai confessionnal me dis-je et je lui reconnais la pertinence de ce choix. Nous nous asseyons après avoir enlevé nos manteaux et j’ai la surprise de constater que ce qu’elle porte en dessous, un pull léger, près du corps et dont le décolleté fait presque sauter ses seins à mon visage, est bien différent de ce que je lui connaissais habituellement, tout comme ce tatouage derrière son oreille, discret mais que je ne peux rater au moment où elle dénoue son chèche. Une orchidée stylisée, symbole d’une sensualité affirmée. Je me hasarde à lui en faire la remarque.

— Si je ne m’abuse, je ne suis visiblement pas le seul à avoir changé.

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