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Carnet retrouvé. (extrait)

Dimanche 8 octobre 1944


Jean-Baptiste m’a invitée dans le cagibi qui lui sert de chambre. C’est un vrai cagibi, avec des étagères remplies de dossiers, on y a ajouté un lit de camp où il dort. Un officier l’a remarqué quand ils ont embarqué à Dakar, il a été étonné de l’entendre parler un si bon français avec si peu l’accent africain. Quand il était enfant, une famille de colons l’a recueilli, ils lui ont toujours dit qu’il était allongé tout seul au bord de la piste, mais Jean-Baptiste ne s’en souvient pas parce qu’il n’était encore qu’un bébé. Les colons l’ont pris avec eux et l’ont baptisé Jean-Baptiste. Pour autant, ils ne voulaient pas lui donner leur nom de famille, alors il a reçu celui de Touré. Il a grandi chez eux, il a reçu la même éducation que les autres enfants de la famille, mais il était quand même leur boy. C’est pour ça qu’il danse si guindé d’ailleurs, c’est parce qu’il a pris des leçons de maintien.


Sur le bateau, l’officier l’a pris en affection et comme, en plus, il sait conduire les autos, les camions, il lui a servi de chauffeur. Normalement, il aurait dû rentrer en Afrique à la fin de la guerre, mais il a obtenu d’attendre sa démobilisation en travaillant dans les bureaux où ses connaissances et sa belle écriture sont très recherchées.


C’est vrai qu’il est très savant, bien plus que moi, dans beaucoup de domaines, mais sur d’autres… J’en ris encore ! On était sur son lit à s’embrasser. Ça me fait toujours le feu d’artifice. À ses gestes, à ses caresses, à son regard, je voyais bien à quoi il pensait. J’en avais envie, mais les Anglais ont débarqué cette nuit et quand je lui ai dit, il m’a regardée comme s’il me croyait folle. « Mais Louise, ça fait plus de quatre mois que le débarquement a eu lieu ! » Qu’est-ce que j’ai ri, bon dieu, qu’est-ce que j’ai ri ! Je lui ai expliqué ce que ça voulait dire et il a ri avec moi. Je lui ai demandé comment il dit, il m’a répondu « Je ne le dis pas parce que ça ne m’arrive jamais ». Il m’a demandé si je voulais quand même passer ces quelques heures à ses côtés. Je l’aurais embrassé ! D’ailleurs, je l’ai embrassé.


On s’est mis tout nus, sauf que j’ai gardé ma culotte à cause de ces satanés anglais. Jean-Baptiste a ri quand je lui ai dit qu’il est encore plus beau tout nu qu’habillé. « Je te retourne le compliment, charmante Louise ». J’ai un peu rougi, je le sais parce que quand je rougis, ça me fait tout chaud aux joues et au front. Il a voulu cacher son *** avec un morceau de tissu, mais le premier qu’il a trouvé c’était mon soutien-gorge ! Il l’a lâché comme s’il s’était brûlé la main. Je me suis levée et j’ai éteint la lumière. Il n’y a pas de fenêtre alors on était dans l’obscurité. Enfin, presque, à cause du jour qui passait sous la porte.


Son lit de camp est étroit, mais comme on n’est pas bien gros non plus, on a pu s’allonger côte à côte et on se serrait bien fort « pour se réchauffer ». Je ne pensais pas que la peau d’un homme pouvait être aussi douce. Je ne me lassais pas de le caresser en l’écoutant me complimenter sur la beauté de mon corps sous ses mains. Et quand on s’embrassait, les feux d’artifice me brûlaient de partout. J’ai pensé à l’expression « se consumer de désir » c’est exactement ça que je ressentais. Ma main a glissé vers son *** il a respiré en faisant siffler l’air entre ses dents. J’ai retiré ma main. Je pensais que je lui avais fait mal. Il m’a détrompée, alors j’ai continué. Sa peau est encore plus douce à cet endroit-là. Il marmonnait et je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il disait. Je lui ai demandé et il m’a répondu « Albert ne voudra plus se contenter de ma main maintenant qu’il a goûté à la douceur de la tienne ».


Albert ?! Mais qui est cet Albert ? Figure-toi, mon cher journal, qu’Albert est le petit nom que Jean-Baptiste donne à son *** ! Ça m’a fait rire et mes rires ont redoublé quand il m’en a expliqué la raison. Il était en classe, pendant une leçon de choses, on leur a parlé du « bon docteur Schweitzer » et en regardant son portrait, ça lui a fait penser à son *** alors, depuis, il l’appelle Albert. Il était étonné que je n’aie pas donné de nom à mon minou et encore plus quand je lui ai dit que je ne l’avais jamais regardé. Mais je me suis promis de le faire dès que je ne saignerai plus. Nous nous caressions et je maudissais la nature qui interdisait à ses mains de me caresser plus bas.


J’aurais tellement aimé sentir ses caresses sur mon minou. Je suis sûre qu’elles sont agréables. J’aimais bien sa façon de me caresser les seins, ce qu’il disait d’eux. Mais j’aimais par-dessus tout sa drôle de respiration sifflante quand je caressais Albert. Jean-Baptiste faisait semblant de me gronder parce que je cessais mes caresses, je caressais alors ses mains, ses bras, son ventre, son torse, son cou et dès qu’il ne s’y attendait plus, hop je m’occupais d’Albert ! Il m’a menacée de me faire subir la même torture dès que je ne saignerai plus. « Et tu sentiras la différence entre mes caresses et les tiennes ! » Je ne sais pas comment il a remarqué ma grimace. Je lui ai avoué que je ne me suis jamais caressée, ni là, ni aux nichons. Enfin presque, parce que depuis notre premier baiser, le soir avant de m’endormir, je ferme les yeux et je passe le bout de ma langue sur mes lèvres pour me rappeler la douceur de ses baisers, je croise les bras très fort, comme s’il me serrait dans les siens et hier, j’ai un peu caressé mes seins en espérant qu’il le fasse un jour.


Il était temps que je rentre, Jean-Baptiste s’est levé. J’ai voulu lui faire une blague parce qu’on avait beaucoup ri auparavant. J’ai embrassé Albert sur le dessus du crâne. Jean-Baptiste s’est figé, comme paralysé. Je ne pouvais plus m’arrêter. Bon sang, comme j’aime le goût, la texture d’Albert sous ma langue, dans ma bouche ! Jean-Baptiste me suppliait d’arrêter et quand il cherchait à reculer, je l’avalais davantage. Il me suppliait d’arrêter, mais le ton de sa voix m’informait qu’il mentait. À force de me pencher, j’ai failli dégringoler du lit. Jean-Baptiste s’est avancé. Il a poussé un petit cri rauque, adorable, séduisant. Ma bouche a été pleine de sa semence que j’ai avalée avec un plaisir inouï. Je me suis levée et blottie au creux de ses bras. Pour me faire pardonner, je lui ai expliqué que je voulais simplement faire la bise à Albert pour lui dire au revoir. Jean-Baptiste m’a dit « Tu verras ce que ça fait quand je t’embrasserai là ! » Sa main a appuyé entre mes cuisses, par-dessus ma culotte et la garniture et ça m’a fait une explosion comme je n’en avais jamais connu. J’ai cru que mes jambes n’allaient plus me porter.

Si Jean-Baptiste devait partir, je ferais le tour du monde pour le rejoindre et ressentir ce plaisir entre ses bras.

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